Tour Report !

 

TOUR REPORT CARTOUCHE Allemagne OCTOBRE 2010

 

BREME

Samedi 23 octobre. Décidément pas de répit en ce mois d’octobre 2010. Des journées de grève (beaucoup…) accompagnées de manifestations, les grosses à Paris, mais aussi les locales dans le 93. Tout cela, dans une ambiance joyeuse et combattante, « pas fatigués » (un peu quand même…) avec les cheminots, les fonctionnaires territoriaux, ceux du privé, des profs et des élèves, etc. Et au lendemain de la dernière manifestation de Noisy le Sec à la préfecture de Bobigny, après maintes péripéties, tôt le matin, nous chargeons le camion et partons (si j’ose…) à l’assaut de L’Allemagne du Nord. Hou que c’est loin ! Il faut vraiment être amoureux de ça pour se lever si tôt et enquiller 12 heures de camion, heureusement confortable (ça n’a pas toujours été comme ça !), dont deux heures d’embouteillage, de Paris à Breme. Partis sous le soleil parisien, nous arrivons sous une pluie battante, qui va peu nous quitter tout au long de ce voyage. C’est un joyeux groupe de huit qui part. Les 5 de Cartouche, dont Lolo, notre brillant nouveau guitariste ! Pour Mehdi aussi, c’est sa première tournée à l’étranger dans sa longue carrière de musicien, non pardon, de batteur (je sais, elle est facile…). Il y a aussi, Patrick, notre ingé pour la tournée, et amis, Eric Tapage et Marco, le roi du rangement ! Ah la belle équipe !

Affiche Cartouche Sielwalhaus

Ce n’est pas la première  fois que l’on joue dans cette ville et nos amis nous attendent avec un repas végétarien 3 étoiles à la Sielwalhaus, un centre autonome, comme nous un peu plus que trentenaire. Après ça, pas le temps de se détendre, mais installation, line-check et c’est parti ! Une heure débridée dans une ambiance du tonnerre dans cette salle pleine et souriante. Quelques moments d’émotions aussi semble t-il d’après ce spectateur qui me dit avoir eu des frissons à l’écoute de notre mise en musique de ce magnifique texte de Marianne Cohn, « Je trahirai demain ». Puis vient la décompression, rencontres, rigolade, bières à la Sielwalhaus et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, long islands dans un bar bien rock n’roll. Mais, 24 heures après le premier café de la journée, Morphée me rappelle que le lendemain il faut partir à Hambourg et qu’il faudrait donc le rejoindre...Les animaux de Breme

Dimanche 24 octobre, l’inévitable déambulation matinale dans les rues de cette jolie ville, ne manque pas. Marche dans les rues aux maisons colorées, en passant devant Mafalda, le local féministe et plus loin, l’infoshop antifa. Nos amis nous expliquent, que les petites dalles en bronze déposées au sol sur le trottoir devant certaines maisons, sont là pour nous rappeler les déportés qui ont habité les dites maisons. Mais le plus surprenant est que ces dalles, qui habitent aussi d’autres villes d’Allemagne (on en verra aussi à Berlin), ne sont pas du tout officielles, mais sont l’œuvre d’un collectif qui fait cela de façon totalement marginale et indépendante. Naturellement et heureusement, personne n’ose les enlever… Pour terminer ce tour, nous rendons visite aux musiciens, l’âne, le chien, le chat et le coq. Certains disent que cette histoire des frères Grimm où les animaux, chassés parce qu’ils sont trop vieux (tiens ça rappelle l’actualité…), se serrent les coudes pour s’en sortir, serait un conte anti anticapitaliste…

 Affiche cartouche Hamburg

HAMBURG

Arrivée sans trop d’accrocs à Lobusch. C’est un ancien squat légalisé. Une maison entière avec 5 étages d’appartements et un club au rez-de-chaussée, le No Pasaran café. La dernière fois que nous sommes venus, nous avons participé à une grosse manifestation antifasciste. Cette fois-ci, quelques jours plus tôt, c’est une manifestation contre les logements vides et la spéculation qui a réuni 3000 personnes dans une ambiance combattante. Bonne bouffe, comme chaque soir (les tournées en Allemagne sont assez gastronomiques !), et rapidement, joue le premier groupe. Surprenant, un groupe finlandais constitué de 4 handicapés, du punk rock à l’ancienne avec 4 gars sur scène tout sourire, chouette. Concert No pasaran cafePuis c’est notre tour, ambiance sympathique en ce dimanche soir… Quelques bières et au lit !

Day off le lendemain, l’occasion de faire une petite visite touristique avec Tomshek, qui sera notre guide. Zapata à la coopérativeTout d’abord, passage par le Café Libertad Kollektiv, coopérative qui distribue du café du Chiapas (en très grande quantité), qu’ils torréfient eux-mêmes, mais pas seulement. Ils distribuent également des produits de coopératives de femmes de différents pays, du vin de la CNT Estrémadure, de l’huile d’olive, bouquins, etc. projet alternatif d’importance, dont nous avons une petite visite commentée. Puis on part bien-sûr vers l’inévitable quartier de St Pauli. Petit tour dans le shop de l’équipe de foot (pas donné d’ailleurs). Village de wagons HamburgDirection ensuite vers la Hafenstrasse, l’historique rue des squats. Pour ça, il faut traverser un quartier assez glauque de bars à prostitution, où trône au bout les statues en fer des Beatles. En effet, c’est à Hambourg que le quatuor british aurait fait ses premières armes à succès. Petite photo qui s’impose... ! Après

Après cette journée « touristique » bien remplie, on s’en retourne à Breme, pour une soirée-bouffe (encore... !).

 

MINDEN

Et hop le lendemain, on s’en retourne voir Mehdi du Hamburger Hof à Minden, pour la troisième fois ! Accueillis toujours avec le sourire et l’enthousiasme, quel bonheur !Le beau cocktail

Chouette petit concert en ce mardi soir, avec une bonne ambiance, parties de babyfoot à gogo, et les bons cocktails du patron pour terminer la soirée ! Mehdi est tout content, il vient d’avoir une petite fille deux jours plus tôt, qu’il nous présentera bien sûr le lendemain lors du petit déjeuner copieux et gargantuesque qu’il nous aura préparé.

Vue d'ensembleOn part tôt, car sur la route, prêt d’Hambourg, il y’ a le camp de Neungamme, et l’on veut s’y arrêter. Malheureusement, on n’aura pas le temps de d’y arrêter trop longtemps, mais assez pour voir un camp privé typique… En effet, Neueungamme était un KZ. Les prisonniers appartenaient aux SS, qui les mettaient à disposition d’entreprises, notamment là, une entreprise d’armement, une briqueterie, une menuiserie. Certains prisonniers sont aussi envoyés sur des chantiers ou des usines du Nord-Ouest de l’Allemagne. EntréeComme ailleurs, la trace d’humanité de l’individu est enfermée dans un fichier, alors que lui, elle, l’homme, la femme, n’est plus qu’un numéro, un esclave. On y pratique, ici aussi des expériences médicales sur les détenues et des enfants juifs que l’on fait venir d’Auschwitz. Dans un coin, d’ailleurs, il y a un crématorium pour faire disparaître les numéros qui meurent d’épuisement, ou sont assassinés.

Là, furent déportés 103000 personnes, dont 55000 sont mortes.La cave

Une exposition assez conséquente, donc à la fois pas mal d’informations historiques, et de témoignages oraux ou dessinés. Ah oui ! Après la guerre, le camp est devenu un camp  pour les prisonniers allemands, puis une prison jusqu’en 2003…

Ce n’est pas la première fois que l’on s’arrête dans de tels lieux, et à chaque fois, vient un sentiment de désespoir face à ce dont est capable l’humanité, heureusement accompagné de la rage de lutter.

 alte meierei flyer

KIEL

Nous ne sommes jamais montés aussi haut en Allemagne, au bord de la mer baltique. La météo n’est pas vraiment avec nous, mais bon après tout, on monte pas mal au Nord... !

Nous allons jouer au Alte Meierei, un squat légalisé du début des années 80, le dernier restant de cette époque. Ce soir, on joue à l’occase de la « Vokü schwarz / rot », une bouffe populaire végétarienne. Mais le lieu accueille aussi un antifa café, du théâtre et donc des concerts, pour le plus gros. C’est aussi un endroit habité. Grand espace avec pas mal d’histoire collée sur les murs.

Vu l’humidité au dehors, un grand poêle réchauffe l’atmosphère, avant que ce soit notre tour. Sur scène, ça bouge de partout, et avec le public, encore une fois, la transmission réciproque d’énergie, de joie, de rage, enfin tout ce que chacun peut ressentir, passe, pour finir en deuxième mi-temps, par des danses endiablées sur les choix musicaux années 80 de DJ Mehdi. La 3è mi-temps se déroule dans un immeuble que les punks & skins antifas ont investis, en s’installant dans un appartement dès que l’un se libérait. Du coup, ils ont pu y installer un infoshop, qui sera espace de petit déj le lendemain. CG, le punk et Raye soir, c’est l’anniversaire du punk bleu, et donc la fête est dans sa petite chambre, où il termine d’ailleurs habillé d’une sorte de combinaison/tutu rose, en buvant du « jägermeister », alcool aux plantes aromatiques, euh, assez spécial…

Le lendemain, à nouveau un peu de tourisme, on veut aller voir la mer. On se retrouve donc à 20 bornes de là, sur une plage immense, sous un vent tenace. Là, surplombe, un immonde mémorial aux soldats allemands morts, tous… Il représente une sorte d’avant de bateau colossale, genre architecture fasciste… le mémorial aux combattants allemandsA ses pieds, un sous marin à visiter, construit pendant la seconde guerre mondiale, sic… On peut d’ailleurs aussi acheter quelques jolis souvenirs, comme un petit fanion de l’armée allemande de l’époque… Ceci dit, ça ne vaut pas les bouteilles de vin vues au hasard d’un arrêt dans une station service prêt de Venise, à l’effigie de la Waffen SS… Nostalgiques les fachos..?

 

flyer berlin 10-10

 

BERLIN

C’est reparti pour cette ville fantastique ! Oui fantastique, parce que melting pot de populations, lieux alternatifs, etc, et à chaque fois de bons concerts. Cette fois-ci, on joue au Supamolly, aussi un squat légalisé, auquel on arrive dès le jeudi soir, la veille du concert. Mais on était déjà passé là, notre ami et guide touristique des lieux alternatifs, nous y avait amené pour y manger de délicieux gâteaux, tu penses si on s’en souvient !

Mais le soir, c’est bar ! Evidemment, arrivés à temps pour le passage obligé à la pizzeria de Mauru, El Ritrovo ! Notre table réservée, et hop c’est l’orgie de pâtes, de pizzas, desserts, enfin, comment on fait pour manger tout ça..?

Le lendemain, jour du concert, évidemment, tourisme ! Chacun part vers son centre d’intérêt du jour : balade pour ceux qui ne sont jamais venus, le musée de Pergame pour Lolo et une expo au Musée d’histoire de Berlin pour Alex, Raymonde, Eric et moi, « Hitler et les allemands, le peuple et le crime ». Le propos est de montrer comment on en est arrivé là, à la fois d’un point de vue, politique, militaire, socio-économique et culturel. Ca foisonne de documents, malheureusement pas tous traduits en anglais. Mais aussi, c’est une accumulation d’iconographies, de médailles, photos, livres scolaires, uniformes, nazis. Du coup, le problème est que l’expo peut attirer des nostalgiques, vu la quantité d’objets et de documents de l’époque, et d’ailleurs on se demande si il n’ y a pas quelques fachos par-ci par là, mais rien ne l’affirme, à part leurs sales gueules.Patrick après son boulot de sondéLolo - Ray - Géraldine

Après tout ça, c’est parti pour la soirée, et laquelle ! Le Supamolly est plein à craquer d’un public éclectique, encore une fois, on mange comme des rois et on boit tout ce qu’on veut.. ! Et c’est donc parti pour une soirée endiablée, avec pleines de rencontres et discussions, sur scène comme après sur la piste de danse où le DJ balance pas mal de rock steady qui délie les jambes. Tiens, tout ça m’amène jusqu’à 8 heures du matin, du coup le lever à 10h30 pour le petit déj est un peu douloureux… « Vous revenez l’année prochaine » qu’ils nous disent. Ah ben oui alors !je trahirai Supamolly

Alex SupamollyUn petit tour pour un bonjour / aurevoir à Sven à Kreuzberg, et hop un deuxième petit déj ukrainien, avec un brasch excellent concocté par Tania selon la recette bien sûr de sa mère, excellent, celui-ci suivi d’un délicieux dessert, l’inévitable verre de vodka de George, et voilà ! C’est définitivement une tournée gastronomique..!

 

flyer zoro 10-10ZORO

On se disait que ce n’était pas la peine d’arriver tôt au squat du Zoro à Leipzig, car de notre expérience, tout commence tard. Mais là, pas de chance, on arrive un peu comme des fleurs avec un concert en train de commencer, il faut dire que nous sommes 5 groupes à jouer, 4 groupes HC / crust allemands, et nous. Mehdi et Ray à ZorroLe public pourrait être surpris quand on monte sur scène, mais pas du tout, ça danse et ça chante joyeusement devant ! Le concert se termine à l’aube avec un groupe précurseur du crust, qui déjà sévissait en 1983 ! Courte discussion ensuite, il faut se lever dans 4, 5 heures, pour tracer jusqu’à Paris, un peu plus de 900 km, pour retourner vers la vraie vie. Mais au fait, c’est quoi « la vraie vie » ?photo de famille à Kiel

 

 

Vendredi 6 octobre 2006 sur les 10 heures, on charge le matos, on fait son sac en catastrophe et hop c'est parti ! Six dans le camion (le groupe et 2 invités, Eric et Marc) jusqu'à Brülh pour commencer.


« Ah bon ! Ca ne devait pas être Düsseldorf ? ». Ben non, 3 jours avant, c'est finalement Brülh, à côté de Cologne. Il faut dire qu il y a eu pas mal de suspense dans l'organisation de cette tournée. Pour commencer on s'y est pris un peu tardivement cet été, ce qui n'est pas le meilleur moment, mais on n'a pas vraiment eu le choix. On découvrira aussi, qu'octobre et novembre sont deux  mois de prédilection des groupes américains pour tourner en Europe, et comme ils n'ont pas vraiment envie de venir pour rien, ils s'y sont pris tôt...

 

 

Environ six heures de route plus tard, on arrive vers Cologne, il faut trouver Brülh, on se débrouille après un petit détour, et nous voilà arrivés en banlieue de Cologne.


On se retrouve dans un typique jugendzentrum allemand comme ils ont et que nous n'avons pas. C'est-à-dire une sorte de MJC mais gérée par les jeunes eux-mêmes et non par la Ville. Plus de liberté d'action en somme ! Nos yeux gourmands se dirigent direct vers un catering de classe, petits plaisirs salés et sucreries.

A côté, du monde s'active pour préparer la bouffe, ça s'annonce bien !  Ensuite, c'est le quotidien d'un groupe en concert :  Premières bières, sound check, baby foot, bouffe d'après la recette du charmant cuistot. Et comme il faut bien le dire, on s'est un peu incrusté dans ce concert, on ouvre le bal sur les 22h30.

 

Une cinquantaine de personnes sont là, ce qui est peu d'après les organisateurs, qui attendaient plus de monde du fait de la présence de the Heroines, un groupe allemand  qui marche plutôt pas mal. Mais bon, le courant passe et y'a de l'ambiance. Une heure de concert, puis on s'installe à notre table de presse : « schönen t-shirt und CD ! » « Fragen Sie euere Barricata ! ». Je ne vois pas grand-chose du groupe suivant, Virage Dangereux, groupe du coin. Ca a l'air de pas mal sonner, mais il faut avouer que quand on sort de scène on aime bien avoir le petit moment de détente et de causerie qui fait qu'on loupe en général le groupe suivant (évidemment si c'est Conflict...). Viennent ensuite the Heroines, du bon punk rock avec une chanteuse hargneuse au t-shirt Motorhead. Par contre les oreilles réclament de l'indulgence, « ah la la,  un sonorisateur sourd ! ».

Tout ça se termine sur les 2 heures du mat, on cause, on cause et on se couche vers 3h30 du mat. Bouh, y'a pas de douches ! C'est pas grave, quand on a vraiment envie de se décrasser on squatte le lavabo des toilettes, « Do not disturb gentlemen ! ». 6 heures plus tard, Nico est en forme à l'idée de prendre son premier früschtück allemand. Il faut dire qu'en général de ce côté-là, ils ne plaisantent pas. Puis c'est l'heure fatidique de charger le matos et aïe, une bouteille de bière se jette sous la roue du camion et le pneu s'avoue vaincu ! Allez, avant de partir pour Berlin, on cherche  un vendeur de pneus ! Impossible de trouver la bonne taille. Tant pis,  on verra à Berlin !     


Avec tout ça, on a perdu un peu de temps et on arrive un peu tard pour la prochaine date, 20h. Ce soir un joue au Köpi, un squat qui fête ses 13 ans de concerts. J'ai déjà joué là avec Kochise, plusieurs fois. Un chouette endroit, si ce n'est le sleeping qui a hébergé beaucoup de monde et qui s'en souvient!


Cette fois on sera accueilli par notre pote Sven que l'on va squatter plusieurs jours. Arrivée direct au bar, on est un peu dans une scène de Mad Max, du point de vue déco comme public. Une première bière, la bouffe, bonne comme d'habitude et on installe le stand dans un petit coin que les vendeurs de t-shirts on bien voulu nous laisser.

 On trouve tout comme t-shirt, Conflict, Dead kennedy's, Black Flag et j'en passe, des tas de reproductions tout droit arrivées de Pologne. Nihilist, un jeune groupe roumain commence sur les 23h30. Pas de chance, un brésilien totalement défoncé leur squatte le micro et la scène. Ceci dit, tout n'est pas perdu, il chante à peu près en rythme. Ils sont patients, il ne les quitte pas du concert. Puis sur les 00h30, c'est notre tour. Le public du Köpi est plutôt crusty punk et se trouve d'abord étonné d'entendre du punk mid tempo chanté. Mais le feeling passe carrément et on se trouve  rapidement avec un public melting style. C'est ça qui est cool d'ailleurs à Berlin autour de Kreuzberg, les gens sortent partout où  cela bouge, ils font le tour des concerts, des bars. Du coup pendant notre show,  aux punks vêtus de noir, s'ajoutent des personnes qui n'affiche aucun style précis, et en particulier pas mal de filles. Bon vers le milieu du set, j'attrape les paroles de Rauch Haus Song et on leur sort le morceau remanié à notre sauce. Mis à part que tout le monde rigole de me voir lutter à chanter un des textes les plus difficiles de Ton Steine Scherben, tout le monde est carrément content et chante le refrain avec nous. On voulait rendre un hommage au Köpi avec ce morceau car il parle des squats de Kreuzberg dans les années 70, et que le groupe est un peu le groupe fétiche du quartier et plus d'ailleurs, il a beaucoup compté pour le mouvement alternatif allemand en général. Enfin bref, 350 personnes et chaude ambiance ! Après avoir rechanté Rauch Haus song une deuxième fois avec le public, on laisse la place à Öroku de Seattle, du « dark sludge core with cello »? (?) Finalement, du crusty punk/HC (dans le sens de punk hurlé), auquel le violencelle apporte une vraie originalité. J'accroche quand même sans plus. Et pour finir, voilà les potes parigots de Munda di Mierda. Aïe, aïe, aïe, le chanteur est totalement déchiré! Et voilà ! Tout est rangé on peut partir ! Il est où Sven ? On l'avoue, on commence à accuser le coup et un petit nid douillet ne serait pas de refus... On le trouve finalement à la disco night qui venait de commencer au sous sol. Tout le monde dans le camion et hop ! On dit au revoir à Marc qui reste chez une copine du Köpi, on fait un petit détour pour déposer Elsa la cousine de Nico chez elle vers l'Alexander Platz et ça y est au lit !

L'appart que l'on va habiter 5 jours est typique de Berlin Est, immense ! Et d'ailleurs un message perso en passant : SVEN, WE LOVE YOU !

 

Le dimanche 8, le programme est déjà fixé, Sven nous propose une visite guidée de Kreuzberg. Premier aperçu incroyable, une mini ferme squattée pour les enfants ! Ensuite, on se dirige vers la Mariannenplatz et surtout vers l'hôpital Bethanien le fameux squat de Ton Steine  dont j'ai parlé plus haut ! Immense n'est pas le mot ! Pour ceux qui connaissent l'hôpital Saint Louis sur l'île de la Cité à Paris, voilà le type de lieu que les berlinois on pu squatter il y a 30 ans, ça laisse pensif...



Depuis quelques mois, des personnes ont repris le flambeau en occupant une petite partie du lieu. On se dirige ensuite vers le Boxi, un petit marché du quartier mais loin. Notre guide en profite pour nous montrer une partie de l'ancien tracé du mur.



Autour du Boxi, il y a des cafés bien sûr et parmi eux, un squat restau, plutôt réputé. La visite continue en passant pas des rues aux nombreux squats où se sont élevées des barricades contre la police. Sven tient à nous amener dans un charmant café squatté spécialistes en gâteaux en effet excellents. Et il n y a pas que ça, l'apéro coûte une misère et d'ailleurs ce sera un peu tout le temps comme ça. La vie coûte vraiment moins chère par là. Le temps passe, pizza chez le turc sur l'Oranienstrasse, rue animée où se trouvent librairie anar, le cortex (fameux magasin de disques), le SO 36, la grande salle rock de Berlin et quelques bars rock cool. Ce quartier, c'est un métissage de populations turque et underground et du coup, on s'y sent plus que bien !

 

Ca vous est déjà arrivé dans l'hexagone que le vendeur de pneux vous offre le thé en attendant qu'il s'occupe de votre voiture ou de votre camionnette ? Et bien à Kreuzberg, ça arrive  et en ce lundi 9 octobre, on a plutôt apprécié ! Ce jour là d'ailleurs, on a continué à parcourir le quartier et on a rendu visite à la coopérative de t-shirts où bosse Sven. Ce soir là, ah, la pizzeria qu'on ne pouvait pas attendre de connaître ! La I Due Forni située dans le quartier du Mitte à la Schönhauser Allee.

Immense pizzeria populaire tenue par un pote italiens des Banda Bassoti et qui accueille traditionnellement les groupes HC/ska punk de passage. Notre table est prête, l'accueil et les pizzas sont dignes de la réputation qu'on m'en avait faite !


 

Mardi 10, tout le monde a voulu aller voir le Jüdisches Museum. L'expo permanente est assez pédagogique et on est tous impressionné par la « Tour de l'holocaust » qui est un endroit confiné et froid qui veut rappeler les chambres à gaz. Toute l'architecture du musée est tortueuse et souvent par des fenêtres difformes, on voit un amoncellement de pierres taillées en forme de tête qui vous regardent. On part ensuite dans la continuité vers les anciens quartier du pouvoir nazi, l'office central de sécurité du Reich (gestapo, service secrets, et le ministère de l'air de Goering).

Celui-ci se trouve sur l'ancienne Prinz Albrecht strasse, aujourd'hui autour de la Wilhelmlstrasse.

Les anciennes cellules de la Gestapo doivent être renovées sur un emplacement aujourd'hui couvert.
Pour l'instant, les travaux sont en arrêt, apparemment, un manque de financements... En attendant, on trouve une exposition libre, la Topographie de la Terreur, sur le procès de Nuremberg et les actions de la Gestapo. On continue encore vers le récent Mémorial de la Shoah, contesté au départ, mais dont nos potes de l'antifa Aktion confirment l'intérêt. On n'a pas le temps de visiter l'expo en sous sol, mais on s'attarde au milieu d'un labyrinthe de pierres taillées au milieu duquel, on se sent seule et écrasée.


 

Pour repartir dans nos quartiers, on passe par Postdamer Platz la partie « actuelle » de Berlin. Ca en jette bien sûr les grands bâtiments modernes en verre, mais c'est le Berlin yuppy, pas le notre. Le soir, nouvelle balade dans Kreuzberg, notamment un tour au Kato, une ancienne station de métro, aujourd'hui, une belle salle rock de 500 personnes. On fait un arrêt chez un excellent et pas cher restau indien, puis on finit par un bar squatté (encore) à l'ambiance tamisée qui donne envie de s'endormir...  

Le mercredi 11 est le jour consacré à la visite des musées. Retour au Mémorial de la Shoah et au musée de la Stasi pour l'un, le musée Pergame ou  l'ancienne galerie nationale pour deux autres, balades tout simplement pour encore deux autres. Découverte dans le Mitte de l'île des pêcheurs et du quartier Saint Nicolas.


En fin d'après midi, un des copains de l'appart nous propose de nous accompagner au Treptower park. Celui-ci se situe du côté Berlin Est, et est bordé des anciennes villas des pontes du pouvoir Est allemand. C'est un hommage rendu aux partisans antifascistes de la seconde guerre mondiale. Typique monument d'architecture et de propagande soviétique (est allemande) à la gloire de l'URSS. Plusieurs pans de murs font l'apologie du peuple russe libérateur et en particulier de Staline.

 





Au fond du parc, une énorme statue d'un soldat russe qui écrase une swastsika. Une certaine vision de l'histoire... le parc est maintenant gardé car les fachos ont tenté à plusieurs reprises de le saccager.

 

 

La soirée du 10 est notre moment d'adieu avec le groupe et nos hôtes réunis car le lendemain, on joue à Leipzig. On a essayé de leurs concocter des recettes perso, ils apprécient apparemment.

Jeudi 12 sur les midis, une dernière petite visite à Sven à son taf, une petite balade et « au revoir Berlin ! A bientôt pour sûr ! »


Sur le site de ROKENROL vous trouverez de tout, scene report, chroniques, interviews, annonces...



et surtout de très bonnes photos de concerts  (Wampas, Turtle Ramblers, Cartouche... pour ne citer qu'eux !!)

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