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Images aléatoires

Un peu de culture...

Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 15:17
couv le procès

Le procès, Chantal Montellier, David Zane Mairowitz, Actes Sud, 2009

Je ne sais pas s’il était astucieux, ou désespéré, en ces temps de contrôle social et de justice arbitraire, d’adapter en bande dessinée, cette œuvre majeure posthume de Franz Kafka, publiée en 1925.

Le Procès ce fût pour certains, le reflet des angoisses de son auteur, pour d’autres, une œuvre visionnaire comme métaphore des persécutions subies par les juifs, ou encore, 1984 (d’Orwell) avant l’heure. Mais c’est incontestablement une description amère et névrosée de l’arbitraire de la justice qui s’introduit jusque dans votre lit. Joseph K. se retrouve un jour réveillé par des hommes qui viennent l’arrêter pour un délit qu’il ne connaît pas et dont il n’aura toujours pas été éclairé le jour de son exécution.

Il était assez audacieux de s’attaquer à l’adaptation BD d’un ouvrage aussi complexe. La conjonction d’un bon scénario et de dessins en noir et blanc, donne du suspens à cette histoire sombre et rocambolesque. Le ton est acerbe et cynique et les planches de dessin de Chantal Montellier semblent parfois se référer à George Grosz et sa vision grotesque des puissants. Le chaos semble régner, pourtant la justice suit sa voie arbitraire, le destin de Joseph K. est inéluctable et la mort représentée par un petit squelette qui poursuit le héros, rappelle l’absurdité des choses. Cela donne envie de découvrir ou redécouvrir l’original de cet auteur, plébiscité après sa mort, un inconnu parmi tant d’autres à son époque, un habitant du ghetto juif de Prague.

Géraldine

 

Par CARTOUCHE - Publié dans : Un peu de culture...
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 15:20

couv purgatoire

Purgatoire, Chabouté, Editions Vent d’Ouest, 2009

Le Purgatoire, voilà le destin et l’histoire du jeune Tartouche, qui un beau jour, dégringole du haut de l’échelle sociale au trottoir. En peu de temps, de travailleur indépendant et propriétaire, il se retrouve étendu, seul, mort écrasé par un sombre et libidineux directeur d’agence en assurances. Et alors, c’est le purgatoire. Mais si c’était aussi simple que cela…

Dans ce recueil de trois tomes, vivants comme morts, déambulent tristement dans les rues. Ceux-ci sont abattus par le travail et les soucis du quotidien, ceux-là, chevaliers errants au service du bonheur sont, depuis des années ou des siècles, en quête de la flamme qui redonnera le sourire aux vivants.

Chabouté, en véritable Balzac du dessin, plante dans son décor, des dizaines de personnages qui se croisent sans se voir, polichinelles du libéralisme, guignols politiques et dindons de la farce. Et ce n’est pas pour déplaire (souci du détail), sur les murs et les palissades, de petits A cerclés, rappellent que l’impossible est possible. Intentionnel ?

Géraldine

Par CARTOUCHE - Publié dans : Un peu de culture...
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 15:24

What we feel, Nos 14 mots, 2009

Nouvelle sortie du groupe moscovite (titre en russe), la meilleure et la mieux produite à mon goût. 14 chansons, pour exprimer tout ce que le groupe a dans le ventre. Nous vous avons déjà parlé de la situation à laquelle la scène punk & HC oï russe doit faire face (répression, attaques néo-nazies et assassinats) mais aussi de l’esprit de corps entre les différents acteurs et l’atmosphère de lutte qui y règnent. What We Feel est incontestablement l’un des groupes phares de cette scène, et leur dernier album un excellent écho. Un hard core puissant qui se fait parfois lourd et souvent déchaîné, au service de la colère qui gronde. Le message se fait aussi direct, comme l’excellent Network fighter (le titre original est en russe) qui s’adresse aux néo-nazis qui diffusent courageusement les CV et adresses des militants antifa sur le net. Till the end, mix hip hop & HC, en commun avec le groupe Razor Boys, se déroule comme un pamphlet sur la situation russe, à l’image du graphisme du CD, entre le samizdat et le réalisme russe. Enfin, une reprise de Sometimes antisocial always antifascist de Stage Bottles, rappelle à la fois la tournée que le groupe a faite en Russie et que la solidarité internationale n’est pas un vain mot.

En tuant la personne, tu ne tueras pas les idées, ou l’on pourrait dire « Vivre libre ou mourir ». Pour What We Feel et leurs camarades antifa russes, cette phrase n’est pas qu’un exercice de style…

Le disque est disponible chez No Pasaran. Soutenez le groupe en écoutant et en diffusant sa musique et son message et croyez-moi, si vous êtes sensibles au punk & HC, vous ne serez pas déçus.

Géraldine

Par CARTOUCHE - Publié dans : Un peu de culture...
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