Stand up for your rights!

Le féminisme à l'épreuve des mutations géopolitiques

 

Dans le cadre des 40 ans du MLF

 

Au Palais de la Femme, 94 rue de Charonne, Paris 11

 

 

Tout le programme sur: http://re-belles.over-blog.com/

 

Inscription à l'adresse email: congres40ansdemouvement@gmail.com

MARTINE STORTI - Quarante ans de féminisme

Interview réalisée en mars 2010 pour Barricata 21

MartineStorti1.JPG

 

Fille d’ouvrier immigré italien, professeur de philosophie puis journaliste, Martine Storti nous raconte  l’époque où les femmes ont décidé de bouleverser l’ordre établi, ou plutôt, où elles sont sortie des coulisses de l’Histoire pour s’emparer de leur destin. Manifestations, avortements illégaux affichés au grand jour, journaux, fanzines, affiches, occupations, etc, le tout sur un ton radical, voir violent et à la fois plein d’humour. Regard d’une féministe, journaliste sur les luttes des femmes, quarante ans après….

 

Pourquoi cette envie de sortir un livre sur vos années libé presque 40 ans après ?

 

On peut dire que c’est un livre de circonstance publié dans le cadre de la campagne des « 40 ans du MLF ». En 1970, Libé n’existait pas encore, ayant été crée en 1973, moi j’y suis entrée en 1974, dans la deuxième équipe, alors que le journal se trouvait dans des conditions matérielles et financières très difficiles. De 1974 à 1979, j’ai été la principale rédactrice des articles sur la question des femmes et il m’a paru intéressant de les publier aujourd’hui, à la fois pour les chercheuses , les historien(ne)s et les jeunes générations qui ne savent pas grand-chose de cette période, et peut-être en ont une vision caricaturale.

 

Cette période correspond au développement du MLF, à son expansion dans la société et en même temps à sa récupération et à sa déformation. On voit bien comment alors le féminisme, pose problème aux syndicats, aux partis politiques,  de droite comme de gauche. Quand je dis récupération, l’ONU par exemple, décrète l’année 1975, Année internationale de la femme, alors que nous nous proclamions le mouvement de libération DES femmes. Cela correspond aussi au début du septennat de Giscard d’Estaing, qui nomme Françoise Giroud, qui est de gauche, au Secrétariat à la condition féminine. Nous féministes, cela nous fait hurler. Et le 8 mars 1975, on descend dans la rue en disant « Ni l’ONU nu Giroud, ne parleront pour nous ».

 

Un troisième intérêt pour publier ce livre est que j’étais dans un journalisme que l’on peut qualifier d’horizontal, écrivant tantôt un article sur le MLF, tantôt sur un livre écrit par une femme, ou sur une grève de femmes dans une usine, ou sur le début des mouvements de femmes en Espagne, les iraniennes qui refusent de porter le tchador au retour de Khomeiny. C’est donc tout à fait transversal.

 

Vous étiez reporter ?


Nous n’en avions pas le titre, j’ai eu le titre de « grand reporter » plus tard, quand j’ai travaillé pour un autre journal. Le fonctionnement de Libé était à la fois très dur, conflictuel et en même temps égalitaire. Tout le monde avait le même salaire, c'est-à-dire peu, en dessous du  SMIC actuel. Ce ne serait plus possible aujourd’hui car le chômage est bien plus surveillé, mais on était licenciés, pour toucher le chômage, puis réembauchés 6 mois après. Pendant deux trois ans, Libé a fonctionné ainsi, en plus des appels aux dons. Alors reporter, oui, en quelque sorte. Mon premier reportage international, en 1975, a été consacré à la marche des femmes chypriotes grecques désireuses de rencontrer les femmes chypriotes turques. A cette marche participait entre autres la vidéaste Carole Roussopoulos (1), morte il y’a peu de temps, qui a fait beaucoup pour la vidéo des femmes. J’ai également beaucoup suivi le développement du mouvement des femmes italiennes. Certains sujets ont aussi requis plus d’attention que d’autres, car les luttes des femmes suscitaient des polémiques et des débats très durs, comme par exemple la question du viol, notamment au sein de l’extrême gauche. Les féministes demandaient à ce que le viol soit reconnu comme crime, ce qui était prévu dans la loi mais pas appliqué. Les violeurs étaient jugés par un tribunal correctionnel et non par une cour d’assises. Alors les féministes ont demandé qu’ils passent aux Assises. Cela a été un énorme débat, les féministes étant accusées d’être des «  agentes de la justice bourgeoise ». Au sein de Libé, la polémique fût aussi violente. Pour ma part, je  répondais : « quand vous demandez à ce qu’un patron responsable de la mort d’un ouvrier dans un accident du travail soit jugé, vous ne faites pas appel à la justice bourgeoise ?! Et quand vous demandez à ce que Tramoni qui a tué Overney (2) devant les portes de l’usine Renault, soit jugé par les tribunaux ?... ». Ce débat a duré très longtemps, la lutte des féministes aussi, sous des formes diverses, par exemple « les 10 heures contre le viol » qui se sont tenues à la Mutualité à Paris. Certaines disaient, « il y’en a marre des agressions dans la rue et  puisqu’on ne veut pas du tribunal, que l’on nous donne un revolver ». Et il y a ce procès à Beauvais en 1978, où c’est un immigré algérien qui prend 20 ans. Et là, c’est l’apothéose du débat. Même si plusieurs témoignages confirment qu’il en est l’auteur, les féministes s’interrogent, demandant « si il avait été un bon bourgeois, aurait-il pris 20 ans ? » Aujourd’hui, 30 à 35 ans plus tard, je dis qu’au lieu de se sentir coupable, nous aurions du affronter tout ça et refuser la culpabilité. Il n y a pas de raison que quand les femmes mènent un combat, elles soient toujours mises en demeure de se justifier.

En quelque sorte, le livre est un témoin de son époque. Toutefois quand je vois les titres des journaux aujourd’hui sur les violences envers les femmes, la place des femmes dans le travail, les femmes qui payent le prix de la crise plus que les hommes, dans les pays dits développés, je constate que ce sont les mêmes titres qu’il y a 30/ 40 ans : « 150 femmes tuées par leur conjoint en 2008 » - « les femmes payent le prix de la crise » - « le salaire des femmes inférieur de 27% à celui des hommes » - « des filières d’étude sans débouchés » et ça dans nos pays dits développés. Donc, oui les choses avancent, mais à pas de tortue.

 

B : Vous étiez enseignante avant d’être journaliste à Libé. Avez-vous vu venir la contestation ?

 

MS : Dans mon lycée à Denain dans le Nord, pays de sidérurgie, où j’étais prof de philo, la contestation c’était moi ! Je l’ai provoquée et portée dès mon arrivée en 1969. A l époque, aller au café avec les élèves ou en faire monter quelques-uns dans ma voiture, c’était le scandale ! Et je fumais en cours. Du coup, toute la classe aussi. Cela en plus des tables disposées en rond, quand les collègues entraient, ils n’étaient pas franchement contents ! Mais,  même si je menais des débats, et c’était difficile de faire parler les élèves, j’étais une prof qui faisait cours. Certains de mes camarades considéraient que préparer au bac ou parler de Platon ou de Kant, c’était transmettre la culture bourgeoise, ce qu’il ne fallait pas faire.  Mais moi qui suis fille d’ouvrier immigré italien, je savais que je devais beaucoup à l’école, aux savoirs et à la connaissance, et que c’est une attitude assez bourgeoise que de refuser aux autres ce qu’on a déjà pour soi, par la famille, la naissance...

 

B : Comment en êtes-vous arrivée aux combats féministes ?

 

Le premier évènement pour moi c’est le numéro de la revue « Partisans » édité par les éditions Maspero (3) à l’automne 70, « Libération des femmes, année zéro ». J’y retrouve des sentiments, des aspirations, des réflexions qui sont les miennes et je m’aperçois que d’autres femmes, qu’alors je ne connaissais pas, les éprouvent aussi. Je suis très peu allée aux AG des Beaux Arts. Lorsque l’on n’était pas en permanence à Paris, c’était assez difficile de prendre la parole, laquelle était assez souvent monopolisée par les mêmes. Je militais plutôt à Denain avec un groupe du MLAC et à l’Ecole Emancipée. Quand je deviens journaliste à Libération, les choses changent pour moi, car le journal est le porte parole des luttes. Il faut se rappeler qu’à l’époque il n y avait pas internet, et que de toute façon il était hors de question pour les militants de se compromettre avec la presse bourgeoise, et encore moins avec la télé. Libé était donc le lieu où il fallait faire passer des choses.

 

Votre père était ouvrier. Quelle place était réservée aux femmes dans le syndicalisme ?

 

Mon père n’était pas du tout syndicaliste, c’était un ouvrier immigré italien qui travaillait 66 heures par semaine, 6 jours sur 7, et considérait que c’est tout le temps les mêmes qui trinquent et que cela ne changerait jamais, même s’il a fait grève en 68.  Dans le syndicalisme alors, il y avait des femmes qui militaient, mais si elles étaient très peu nombreuses dans la hiérarchie, excepté Jeannette Laot, qui était secrétaire nationale de la CFDT. Côté parti communiste, il y avait la femme de Maurice Thorez, Jeannette Vermeersch qui était contre l’avortement car il fallait que les prolétaires se multiplient pour lutter contre les bourgeois !

 

Aujourd’hui, la visibilité des femmes a changé bien sûr. Il y’a des femmes dans le syndicalisme, dans la politique, le journalisme. Ceci dit, il faut se méfier. Regardez la féminisation de l’enseignement, ou du métier d’avocat, ces métiers sont-ils autant valorisés qu’avant ? Il y a plus de femmes en politique, mais peut être la politique compte-t-elle moins aujourd’hui, ce qui compte ce sont les affaires, la finance et quelle est la place des femmes dans les affaires ?

Dans mon livre j’ai republié l’article que j’avais consacré au livre de  Jeannette Laot, publié dans les années 70 la première femme responsable syndicale à la CFDT et qui raconte combien c’était difficile.

 

Ce que je pense c’est qu’il ne suffit pas d’être femme, encore faut-il être féministe. Même s’il est évident que l’on ne caricature pas de la même manière une femme politique, qu’un homme, car il y a toujours de la misogynie, je ne vois pas ce que les femmes de l’actuel gouvernement Sarkozy-Fillon changent à la politique. Ces femmes du gouvernement s’intègrent parfaitement au schéma dominant de la politique actuelle, les coups bas, la concurrence exacerbée, l’adulation du chef, etc. Et c’est pareil à gauche.

 

Au début du XXè siècle, au sein même du mouvement ouvrier, les féministes étaient objet de moqueries. Pourquoi cette vision caricaturale des féministes, « bourgeoises », « hystériques », «  mal baisées » ?

 

Il n’y a pas besoin d’aller chercher si loin. Dans les années 70 c’était encore comme cela. Lors de la manifestation du premier Mai 1976, qui nous traitait d’hystériques mal baisées ?! C’était les gros bras de la CGT. Et qui nous cognait ?! Dans ces années là, le Parti communiste disait que « les féministes sont des petites bourgeoises du quartier latin » et d’ailleurs ils avaient organisé un débat que nous étions allé perturber en criant « Vive le matérialisme hystérique ! ». Il a fallu que des femmes protestent à l’intérieur du parti pour que cela change. Et ce n’était pas que le PC, à l’extrême gauche également. Et si une partie des fondatrices du MLF venaient de ces organisations c’est aussi car elles en avaient marre de l’assignation à certaines tâches et du discours ambiant. Certaines ont quitté ces organisations dites « gauchistes », d’autres y ont créé la tendance dite « lutte de classes » articulant féminisme et lutte de classes. En pratique, moi par exemple, quand j’ai été quelque temps dans des organisations d’extrême gauche, avant mai 68, j’avais compris qu’il ne fallait pas que j’apprenne à taper à la machine (je vous parle d’il y a plus de 40 ans), car la séparation des tâches était terrible ! D’un côté il y avait les mecs qui pensaient et écrivaient les tracts, et de l’autre les nanas qui les tapaient à la machine et les tiraient à la ronéo. Du coup je n’ai appris à taper à la machine que quand je suis entrée Libération, pour écrire mes articles !

 

Pour ce qui est du sobriquet de bourgeoises mal baisées, alors peut-être que quand on était riche, c’était plus facile de se faire avorter à l’étranger, mais la peur des jeunes femmes de tomber enceinte étaient la même pour toutes les classes, de même que le regard de la société. Le viol également, ouvrières ou issues d’un milieu bourgeois, toutes les femmes peuvent avoir à en souffrir.

 

Plus simplement, il est facile de disqualifier quelque chose en le traitant de bourgeois, et on qualifiait le féminisme de bourgeois, pour ne pas regarder le féminisme.

 

40 ans après, quels sont les principaux débats menés au sein des luttes des femmes ?

 

Aujourd’hui il me semble qu’il a plusieurs questions qui font débat. Il y a la question du différentialisme. Est-ce qu’il y a une essence femme ou bien, comme disait Simone de Beauvoir, « on ne naît pas femme on le devient » ? Un autre débat porte autour du féminisme comme marque de l’Occident. Etre contre le voile serait une position colonialiste, alors qu’il peut être, nous dit-on, un instrument de liberté et de libération puisque grâce au voile les femmes peuvent être dans l’espace public. Personnellement, je n’adhère pas du tout à cette vision. Et d’ailleurs, si le voile est libérateur, pourquoi les hommes ne le portent-ils pas ? N’y a-t-il pas encore là de la manipulation des femmes?

Bien-sûr, notamment ce débat politique autour du port du voile masque d’autres enjeux. Je me fiche du signe religieux, ce qui me préoccupe c’est l’oppression des femmes. Alors bien-sûr, avoir amené les gens sur le terrain de l’identité nationale a permis de masquer d’autres problèmes, les questions économiques, sociales, les ghettos sociaux, etc. Du coup d’autres questions concernant les femmes ne sont pas posées. Mais on ne peut pas ne pas regarder cette question du voile, ne pas y voir un signe de marquage et d’appropriation des femmes. Les femmes sont encore un enjeu de société et de politique considérable, et il y a une instrumentalisation où que l’on se place. C’est soi-disant  au nom de l’égalité hommes - femmes que le ministre Besson mène son débat sur l’identité française, mais l’intégrisme musulman les utilise également. Cela dit, ce n’est pas nouveau dans l’Histoire. C’est au nom d’une certaine idée de la sexualité des femmes que l’on interdisait l’avortement, ou que l’Eglise catholique assignait les femmes à résidence. La religion catholique a été mise au pas, elle ne nous embarrasse plus vraiment, une autre doit être canalisée, renvoyée à la sphère privée. 

 

Quels étaient les enjeux des luttes féministes ? Et pensez-vous que les choses aient évolué positivement ?

 

Il y’avait deux enjeux, l’un d’émancipation et l’un de libération. Pour ce qui était la dénonciation des inégalités les plus criantes, on a marqué des points. L’avortement a été une grande conquête, un grand outil de la libération des femmes. A partir du moment où les femmes peuvent avoir la maîtrise de leur sexualité, il y a un changement extraordinaire. Même si aujourd’hui, tout n’est pas parfait.

 

Sur la question du viol, le viol existe toujours aujourd’hui, et hélas je ne sais pas s’il disparaitra un jour. Mais il n’est plus considéré comme allant de soi, comme légitime.

L’inégalité dans le travail n’a pas disparu, mais diminué. La visibilité sociopolitique des femmes a aussi avancé.

Toutefois, il faut préciser que notre objectif n’était pas seulement de mettre fin aux discriminations. Nous étions hostiles à un féminisme officiel, un féminisme d’état, perçu comme intégration égalitaire à l’ordre établi. Il y avait un autre enjeu dans notre lutte, la mise en cause de l’organisation de la société, particulièrement la mise en cause du patriarcat comme l’un de ses fondements. De ce point de vue, même si au sein de la famille et plus globalement dans la société, les choses ont évolué, on ne peut pas dire que l’on ait gagné. A l’époque, on ne dissociait pas l’enjeu de la lutte féministe de celui d’une mise en cause de l’organisation de la société, et sous cet angle, le chemin est encore long, si l’on regarde ce qu’est la société aujourd’hui, avec toutes ses aliénations, ses injonctions à la consommation, etc.

 

Militante féministe, dans ses 150 films, Carole Roussopoulos a donné la parole à ceux qui l’ont  rarement, homosexuels, ouvrières de LIP, prostituées, prisonniers, vieux en fin de vie, victimes d’abus sexuels. Elle est notamment la réalisatrice de « Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-1980 » et de  « SCUM », inspiré du fameux manifeste de Valérie Solanas.

Pierre Overney, militant de la Gauche prolétarienne est  tué le 25 février 1972 par Jean-Antoine Tramoni, agent de sécurité de Renault, alors qu’il cherchait à entrer dans l’usine avec un groupe de camarades.

A l’époque la librairie La Joie de Lire de Maspero, rue St Séverin,  était la librairie contestataire

 

Propos recueillis pas Géraldine

 

 

 

 

 

 

FETE DE LA CNT REGION PARISIENNE LES 4/5/6 JUIN 2010 :


DEBATS, TABLES DE PRESSE, CONCERTS ....

33 RUE DES VIGNOLES, PARIS 20E METRO BUZENVAL OU AVRON

 

 

http://free0.hiboox.com/images/2010/02490c79800d8ab51517ad2d11e5cf93.gif

 

link

http://www.youtube.com/watch?v=MLJenZkl0qg&feature=player_embedded

 

 

 

 

Samedi 8 mai à 15h
au Salon du livre libertaire / espace des Blancs Manteaux
48 rue vielle temple - Paris
Métro Hotel de Ville

 

 

Débat : Combattre l’extrême droite sur le terrain le social : Pourquoi ? Comment ?

Dans le cadre d’un week end de mobilisation organisé par plusieurs structures antifascistes qui culminera avec une marche à travers Paris le 9 mai, nous vous invitons à un débat le samedi 8 mai. Alors que l’enracinement électoral du Front national dans des régions ouvrières se poursuit sur fond de licenciements et de délocalisations, que des groupuscules fascistes multiplient dans certaines villes les agressions racistes ou s’en prennent aux luttes sociales, quelle est la réalité de l’extrême droite aujourd’hui en France ?
Dans un contexte d’offensive contre les acquis sociaux, où patronat et gouvernement veulent faire payer la crise aux classes populaires, l’extrême droite entend prospérer en occupant le terrain social. Comment construire une riposte du mouvement social pour s’y opposer et recréer une solidarité de classe face aux divisions entretenues par ceux qui dirigent et exploitent ?

avec comme intervenants :

KARIM CHAFI : acteur associatif de Chauny (Aisne)
Un militant du mouvement social lyonnais
DIDIER BERNARD : Délégué syndical CGT & membre du comité de lutte CONTINENTAL




 

 

 

http://3.bp.blogspot.com/_heAXEjbrvqU/S8iDFbBDoVI/AAAAAAAAAnA/n2CuxTYncXg/s1600/debat+antifasciste+8+mai+2010.png

 

 

MARCHE ANTIFASCISTE UNITAIRE
Dimanche 09 mai 2010 à Paris
RDV à 14h au Métro Belleville

 

 

 

 

 

http://9mai.samizdat.net/images/tract9mai2010.jpg

 


Le 9 Mai: Riposte sociale antifasciste!

Depuis de trop nombreuses années, l'extrême droite radicale parisienne tente, avec plus ou moins de succès, de se réunir le 9 mai dans les rues de Paris, au prétexte de la mort d’un de ses militants en 1994. Depuis sept ans, nous nous mobilisons contre cette présence dans la rue.
De manifs en concerts, de rassemblements de solidarité internationale en défilés à la mémoire des résistants de la Seconde Guerre mondiale, nous avons affirmé une présence antifasciste dans les rues.
Comme rien n'est jamais gagné, cette année encore, nous serons présents le 9 mai pour signifier à l'extrême droite que, quel que soit son mode d'expression, par la rue ou par les urnes, nous serons toujours là pour l'empêcher d'agir
.

Le dernier scrutin a mis en évidence le maintien électoral du Front National. Dans le même temps l'activisme de l'extrême droite radicale prospère. Les agressions racistes (comme à Chauny, dans l'Aisne), les attaques envers des militants du mouvement social (comme à Lyon en mars) sont désormais légion. Les sirènes médiatiques se sont tues et pourtant, il est aujourd’hui plus que temps de réagir et d'engager une riposte antifasciste large et unitaire. La banalisation du racisme dans le discours d’une droite décomplexée, les dérapages verbaux d'élus ou de leaders politiques ont remis en selle et légitimé une mouvance politique que certains croyaient au bord du gouffre mais qui aujourd’hui s'exprime avec plus de virulence encore dans le discours comme dans les actes.

Non à la lepénisation des esprits !
Si nous nous mobilisons, c'est parce que cela fait trop longtemps que la parole raciste s'est libérée en France : la droite au pouvoir et la gauche qui prétend la combattre se sont accaparé de façon plus ou moins décomplexée les idées de l'extrême droite.
Les dérapages racistes se succèdent jusqu'à ne choquer plus grand monde. La traque des sans papiers s'intensifie et les pressions s'accentuent afin de criminaliser la solidarité. Le faux débat sur l'identité nationale a achevé de légitimer le discours que professe le Front national depuis 40 ans.
Si s'opposer à la présence de l'extrême droite dans la rue reste à nos yeux une nécessité, il faut dans le même temps dénoncer la lepénisation des esprits et l'offensive patronale contre le mouvement social, qui font toutes deux le lit du fascisme.

La crise sociale terreau de l'extrême droite
La crise sociale offre un terreau propice aux tenants du « chacun pour soi», aux replis communautaires et identitaire. L'extrême droite a toujours prospéré sur la misère et le chômage de masse. Les plans de licenciements qui se succèdent, les délocalisations lui offrent un contexte fertile. Les classes populaires payent encore et toujours l'addition des crises financières et capitalistes.
Lutter contre l'extrême droite, c'est aussi lutter contre les offensives patronales. C'est se battre contre la casse des acquis sociaux (retraites, sécurité sociale) hérités des luttes sociales et de la Résistance. C'est lutter aux côtés de la frange la plus précaire du prolétariat, les travailleurs sans papiers. C'est enfin lutter tous ensemble pour que demain ne soit pas pire qu'aujourd'hui!

Un combat internationaliste
Nous défilerons ce 9 mai en hommage aux combattants de l'Espagne de 1936 et de la Resistance, et à ceux de toutes les luttes anticolonialistes et anti-impérialistes: celles de Yen Bai de Sétif et de Guelma.
Nous marcherons en souvenir de toutes les victimes de l'extrême-droite, tels qu'Ibrahim Ali ou Brahim Bouarram, assassiné en marge d'un défilé du Front National.

Ensemble renvoyons le fascisme dans les poubelles de l'Histoire!


MARCHE ANTIFASCISTE UNITAIRE
Dimanche 09 mai 2010 à Paris
RDV à 14h au Métro Belleville


Premiers signataires :
Action Antifasciste Paris-Banlieue (AFA), Alternative Libertaire (AL),
Association des Marocains de France (AMF), Collectif de lutte antifasciste Reims, Confédération National du Travail (CNT-RP), Etudions Gayment, Fédération Anarchiste (FA),Fédération Syndicale Etudiante (FSE),
Mouvement des Quartiers pour la Justice Sociale (MQJS), Ras l'front Marne la Vallée (RLF-MLV),
SCALP, Sud Etudiant, SUD ISS Logistique & Production, United Tekno against Racism et Fascism ...


Le 5 février, la nouvelle demande de libération conditionnelle de Georges Cipriani a été examinée au cours d'une audience tenue dans la prison d’Ensisheim où il reste incarcéré. La décision du tribunal d’application des peines "antiterroriste" sera rendue le 24 février.

Depuis le 26 janvier, Jean-Marc Rouillan a été transféré au Centre national d’observation (CNO) de Fresnes. Durant six semaines, il doit se soumettre aux examens multiples d'"experts" prétendant juger de sa "dangerosité". C'est ce qu'exige en effet la loi Dati sur la "rétention de sûreté", avant que sa nouvelle demande de libération conditionnelle ne soit par la suite examinée.
Le 21 février 2010, cela fera 23 ans que Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan sont incarcérés pour les actes accomplis comme militants d’Action directe.

MANIFESTATION
samedi 20 février, 13h30 devant la prison de Fresnes, avenue de la Liberté (Depuis Paris : bus 187, Porte d’Orléans, station Maison d’arrêt ou RER B,
direction Robinson, station Arcueil-Cachan, puis bus 187)

Il y a deux ans, Jean-Marc Rouillan a pu obtenir une semi-liberté, dernière étape avant la liberté conditionnelle. Mais la justice "antiterroriste", une justice d’exception, a fabriqué de toutes pièces un prétexte pour perpétuer une peine déjà accomplie : il a suffi d’une interprétation fallacieuse de quelques mots prononcés lors d’une interview pour refermer une porte brièvement ouverte, pour mettre fin à dix mois de semi-liberté étroitement contrôlée, et  renvoyer Jean-Marc en prison à temps plein. L’an dernier, à la suite d’une détérioration de sa santé, une maladie grave, rare et évolutive était diagnostiquée. Mais depuis un an, à la prison des Baumettes puis au centre de détention de Muret où il avait été transféré le 27 octobre, Jean-Marc a été laissé sans soins adaptés.

Depuis 23 ans, Georges Cipriani n’a pu encore bénéficier d’un seul jour en dehors de la prison. En avril 2009, un jugement lui avait accordé un régime de semi-liberté pour un an, mais, sur appel du parquet, des juges ont infirmé cette décision, décidant après 22 mois de procédure que le dossier de Georges pourtant accepté en première instance n’était soi-disant pas recevable !

Georges Cipriani comme Jean-Marc Rouillan n’en finissent pas de subir un chantage au reniement, voire au repentir. Ce sont pourtant deux notions absentes du droit français. Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan doivent être libérés. Pour cela, restons mobilisés et manifestons notre solidarité.

FAISONS DE 2010 L’ANNÉE DE LA LIBÉRATION DE GEORGES CIPRIANI ET DEJEAN-MARC ROUILLAN !

Collectif "Ne laissons pas faire !"
nlpf@samizdat.net  -  http://nlpf.samizdat.net/


RAPPEL : Nlpf! vous invite à signer et à faire signer largement la nouvelle pétition à l’initiative des "Collectifs de soutien aux prisonniers d’Action Directe", et à transmettre les signatures à l’adresse
mail : sout.ad@orange.fr.


LES AUTRES INITIATIVES DE LA CAMPAGNE 2010 :

BORDEAUX : Samedi 20 février, 15 h
Rassemblement, Place Saint-Projet

TOULOUSE : Samedi 20 février, 11 h
Rassemblement, devant la préfecture, place Saint-Étienne

STRASBOURG : Dimanche 21 février, 16 h
Projection-débat, au Molodoï, 19 rue du Ban-de-la-Roche

GRENOBLE : Samedi 27 février, 19 h
Projection-discussion, au Lokal autogéré, 7 rue Pierre-Dupont

DIJON : Samedi 6 mars, 19 h
Projection-concert, à l’Espace autogéré des Tanneries, 15 boulevard de Chicago

PARIS : Dimanche 18 avril, 16 h
Projection-débat-concert, au CICP, 21 ter rue Voltaire

TOURS : Vendredi 23 avril, 18 h
Projection-débat, au café comptoir "Chez Colette" (quai Paul-Bert, en face du pont de Fil)

(Informations à suivre pour Angers, Lille, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Paris, Saint-Ouen…)
----------
Libération des prisonniers d'Action directe !

Contact : nlpf@samizdat.net

Abonnez-vous à la newsletter Nlpf! :
http://listes.samizdat.net/sympa/subrequest/nlpf-infos

Pour être tenu au courant des initiatives :
http://nlpf.samizdat.net
http://www.action-directe.net

flyer soiree antifas russes
SOLIDARITÉ AVEC LES ANTIFASCISTES RUSSES !
Soirée de soutien organisée par le Scalp-Reflex Paris
VENDREDI 15 JANVIER à 20h au CICP

Depuis le début de l’année 2008, la scène antifasciste russe s’est notablement
renforcée : face à cela, les néonazis sont devenus plus violents, plus organisés, et
beaucoup plus dangereux.
En deux ans, les menaces se sont multipliées à l’égard des antifas, et entre octobre
2008 et novembre 2009, quatre d’entre eux ont été assassinés à Moscou, en pleine rue
ou en bas de chez eux.
Pour construire notre solidarité, retrouvons-nous autour de trois films qui
témoignent de la réalité russe, afin d’échanger et de débattre.

Programmation (films en russe, sous-titrés en français) :
• Clip en mémoire de Vania Kostolom - 3 min.
• «Russia 88» (extraits) - 20 min.
• «Action vs. repression» (film de l'ABC russe) - 15 min.
Communiqué suite à l’aggression d’une militante lilloise

vendredi 10 juillet 2009


Le 23 mai 2009 à Lille a eu lieu une manifestation contre la  
répression d’État qui s’est terminée devant la maison flamande de  
Lambersart gérée par la Jeunesse Identitaire (groupe d’extrême  
droite) et Terre Celtique.

Un manifestant ayant enfoncé la porte de cette maison, les forces de  
l’ordre ont procédé à 26 interpellations. Lors de celles-ci, un agent  
des forces de l’ordre en civil a photographié un par un les visages  
des interpellé-e-s au sol. Plus tard, il est passé dans les cellules  
du commissariat central de Lille et a demandé à chacune des personnes  
photographiées, à ce moment là placées en garde à vue, leurs noms,  
prénoms et dates de naissance (renseignements qu’il a noté en dessous  
des photos).

Le soir même, les personnes présentes devant le commissariat, venus  
soutenir les interpellé-e-s, ont fait l’objet d’un contrôle et d’une  
prise d’identité.

Le 3 juin 2009, au Fac bar de Lille 2, a eu lieu une soirée organisée  
par l’association « gégéne ».Yohan, Pierre et Fatima, présent-e-s le  
23 mai à la manifestation, y ont rencontré le trésorier de la Vlaams  
huis (maison flamande), qui les a menacé de violences physiques, a  
fait un salut nazi, et a qualifié les manifestant-e-s du 23 de «  
bisounours ».

Le 9 juin, la maison flamande a mis en ligne une vidéo sur le site  
youtube : un montage de photos de « black blocs » suivi de photos de  
l’incident du 23 puis de remerciements adressés aux 26 interpellé-e-s  
sur la musique du générique des « bisounours » (y figurent prénoms,  
1ères lettres des noms de famille, et villes de résidence donnés aux  
policiers). Soulignons le fait que l’une des interpellé-e-s,  
originaire d’Italie, habitant en Belgique, a donné comme lieu de  
résidence le nom de son village italien inconnu des autres interpellé-
e-s et manifestant-e-s.

Il se pose alors la question de l’étendue des informations dont  
dispose la maison flamande ainsi que de leur provenance. Comment ont-
ils réussi à accéder à des informations dont l’accès est censé être  
réservé à la police ?

La vidéo a été retirée d’internet le 14 juin au soir mais a été  
enregistrée avec des impressions d’écran par des manifestants du 23.

Le vendredi 3 juillet, deux hommes aux crânes rasés ont interpellé et  
dévisagé devant chez lui Yohan (dont l’identité a été prise devant le  
commissariat central le soir du 23 mai).

Le lundi 6 juillet 2009, Yohan a effectué son dernier jour de TIG au  
zoo de Lille (date qu’il a reçue de la médiatrice le jeudi 2  
juillet). Il a pris une pause cigarette vers midi et a aperçu les  
deux hommes du 3 juillet le suivre. A 13 heures il est sorti du zoo,  
les deux hommes l’ont suivi, interpellé puis poursuivi en courant.

Le même jour, peu avant 20h00 sur le boulevard Victor Hugo à Lille,  
Hélène (dont l’identité a été prise devant le commissariat central le  
soir du 23 mai) a été interpellée par deux hommes (dont la  
description correspond a celle de ceux qui ont suivi Yohan quelques  
heures plus tôt) alors qu’elle sortait de chez son ami Antoine  
(interpellé lors de la manifestation du 23). Ils lui ont entaillé  
plusieurs fois le visage (joue droite et cou) avec un couteau en la  
menaçant : « C’est de la prévention, la prochaine fois j’appuie plus  
fort. Tu diras à tes petits copains de se calmer et d’arrêter leurs  
conneries. ».

Nous déposons donc plainte contre X pour avoir divulguer ou s’être  
procurer illégalement des informations personnelles sur les personnes  
mises en garde à vue le 23 mai suite à la manifestation.

Des inculpé-e-s du 23

Par mesure de sécurité, les prénoms des témoins ont été changés
Communiqué de l'Assemblée de la Clinique en exil.
A propos de notre expulsion et de la soirée du 8 juillet

    La Clinique occupée  était un lieu d'habitation et d'organisation politique depuis janvier 2009. Elle a été expulsée le 8 juillet à 6h du matin par 200 flics, le RAID et les vigiles. Le quartier de la Croix de Chavaux a été entièrement quadrillée pendant deux heures.

A 19h, nous nous sommes rassemblés à l'entrée de la rue piétonne autour d'une cantine de rue pour informer de l'expulsion du matin, et affirmer que nous continuerons à occuper la rue quoi qu'il arrive.  Nous avons distribué des tracts et pris la parole. Plusieurs bagnoles de flics nous surveillaient depuis la place. A la fin de la cantine, des feux d'artifice partis de devant la Clinique ont embrasé le ciel. Nous sommes allés devant l'entrée de la Clinique gueuler notre colère, notre rage de voir ce lieu que nous avons fait vivre repris par des flics et des vigiles, avec la destruction comme seul horizon.
Alors qu'on était juste devant, les flics se sont équipés et ont chargé violemment. Les gens ont commencé à courir pour se protéger. C'est à ce moment là qu'ils ont tiré dans le tas au flashballs à hauteur de tête: cinq personnes ont été touchées : épaule, clavicule et tête. L'une des personnes a perdu un oeil.
Les flics ont continué à poursuivre les gens jusqu'à la rue piétonne. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant la soirée. Trois personnes sont en garde à vue depuis 48h, avec des risques de poursuites pour couvrir le fait qu'il y ait des blessés.

Les tirs de flashball avaient pour objectif de blesser, au risque de mutiler ou de tuer. Tirer plusieurs coups à bout portant au niveau de la tête n'est pas une erreur. Au moindre trouble, les consignes sont claires : mater. On ne peut pas se dire que la violence de la police lors de cette soirée est une « bavure », elle s'inscrit dans une tension permanente: contrôles d'identités, menaces depuis qu'il y a eu les avis d'expulsion. La police fait son travail : défendre une propriété privée en centre-ville, éviter qu'il y ait du bruit ou de la résistance lors d'une expulsion, faire que rien ne se passe.

Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence. Nous ne voulons pas de police du tout.

L'Assemblée de la Clinique en exil. 10 juillet 2009, Montreuil.
Répression contre des antifascistes à Paris

Le premier juillet, à 9h, devant la 2e chambre du tribunal   correctionnel de Paris, trois antifascistes parisiens passeront  devant la justice, soupçonnées d’avoir participé en mai 2008 à des  actions antifascistes contre un meeting du groupuscule néofasciste  les Identitaires.
Les faits incriminés (des graffitis...) ne peuvent en rien expliquer  l'acharnement policier et judiciaire dont ils sont victimes :  perquisitions, gardes à vue prolongées, écoutes téléphoniques… L'importance des moyens policiers déployés (mobilisation d'une  dizaine de fonctionnaires pendant 4 mois, technologies de repérage  des téléphones portables et d’Internet, relevés d'empreintes ADN…)  montre que l’essentiel est ailleurs, comme dans la répression qui  s’est abattue sur certains individus mobilisés aux côtés des sans-papiers : recueillir de l’information sur les milieux politisés, donc  dangereux du point de vue policier, et intimider les individus  engagés pour un changement social radical.
Cette vague de répression s’inscrit dans une politique globale, à  l’œuvre dans tous les pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis ou  en Russie. Une politique de longue haleine à laquelle la droite comme  la gauche françaises ont contribué ; une politique sécuritaire, où la  moindre différence, sexuelle, culturelle, sociale ou politique, peut  devenir a priori suspecte. Les lois sécuritaires qui donnent toujours  plus de pouvoir aux forces de répression, l’assimilation absurde de  toute lutte sociale à un terrorisme fantasmé qui sert de prétexte au  renforcement d’un véritable terrorisme d’Etat, mais aussi les  différentes mesures qui accroissent le pouvoir du patronat au  détriment de travailleurs précarisés, toutes ces mesures ont le même  but : insécuriser la population pour mieux sécuriser l’ordre social  
capitaliste et étatique.
Ce procès nous rappelle que l’antifascisme est une lutte qui se mène  sur deux fronts : contre les mouvements d’extrême droite et  néofascistes, mais aussi contre l’Etat qui ne s’est jamais privé  d’instrumentaliser le fascisme ou d’emprunter ses techniques pour  assurer la stabilité de l’ordre social. Il nous rappelle que l’Etat  de droit est, aujourd’hui comme toujours, subordonné à la raison  d’Etat, que les promesses du libéralisme valent moins que les  
intérêts du capitalisme ou la stabilité de l’ordre social et  étatique, que la police l’emporte encore et toujours sur la justice.

Ni prison, ni répression n’arrêteront nos rébellions ! Autonomie pour  
toutes et tous !

Le mercredi 1er juillet à 9h,
en soutien avec les antifascistes criminalisés,
Toutes et tous à la 2e chambre du tribunal correctionnel de Paris !

Scalp-Reflex Paris
Brasilia, 18 février 2009
 Pourquoi moi ?
 Même si je n’ai jamais cru, comme l’a dit Voltaire, que nous vivons dans un monde où l’on vit ou meurt « les armes à la main », l'ironie du destin a fait qu'aujourd'hui, je me trouve condamné pour quatre homicides. Ma situation est terrible. Je suis effrayé, désarmé, devant l'hostilité, la haine pleine de rancune que manifestent mes adversaires. Je sais que je devrais combattre l'avalanche de mensonges, de faussetés historiques, mais ce qui me manque pour me lancer dans la lutte, c’est le désir de gagner. Gagner quoi ? Mes adversaires, au contraire de moi, semblent avoir quelque chose à défendre. Qui sait, leur misère, ou leur richesse ou, peut-être, comme dans le cas de quelques actuels ministres du gouvernement italien, maintenir caché leur passé en tant qu’activistes de l'extrême droite (fasciste), responsables directement ou indirectement des massacres à la bombe. Je ne sais pas exactement ce qui motive mes adversaires à entrer dans cette lutte, mais, ce n'est certainement pas la soif de justice.
De mon côté, je ne prétends pas me faire le défenseur de tout ce qui s’est passé pendant les sanglantes années 70. Nous sommes en plein XXIe siècle, je n'ai plus de vérités absolues sur la société idéale, et je ne suis pas important au point de défendre ce qu’il y avait de bon dans les rêves de ces années. Je ne peux pas me jeter dans une telle guerre. Je dirais même que je ne suis pas non plus intelligent au point de générer autant d’ennemis; si j'ai dérangé tant de personnes importantes, cela fut sans aucun doute le résultat de mon inconscience.
La vérité est que je n'ai rien fait pour éviter tant de problèmes, mais reste encore à comprendre comment je fus capable d’arriver à des résultats aussi désastreux. Reste, de toute manière, cette question : pourquoi tant de haine ? Ce n'est pas pour m’esquiver que je me déclare inapte et que je laisse la réponse à cette question à des personnes plus intelligentes, qui n’ont pas l’habitude de jouer le rôle d'« anges vengeurs ».
 Cette interminable persécution et toute cette histoire des années 70 en Italie est une longue agonie, une lamentation honteuse couchée sur le papier jauni des justiciers. C’est l'expression d'un visage rongé par une maladie nerveuse, comme un péché originel qui souille le corps politique italien. Pauvre Italie de Dante, ou celle de Beccaria, de Bobbio et d'Umberto Eco. Pauvre patrie balayée par le vent de l'orgueil, du cynisme et de la vanité, qui l’empêche de reconnaître ses propres erreurs, ses propres péchés, ne voulant pas s'abaisser au niveau de ces pays latino-américains en admettant courageusement que, elle aussi, elle a souffert à la même époque d’une guerre civile de basse intensité (lire les déclarations de l’ex-Président de la République, le sénateur Francesco Cossiga), et que, pour la combattre, elle a recouru à toutes sortes d'illégalités. 
Outre des dizaines de prisonniers politiques enterrés vivants dans les prisons italiennes, il y a des centaines d'autres réfugiés dans le monde entier. Nous avons ici, au Brésil, le cas d'un extradable italien qui appartenait à une organisation nazi-fasciste et qui fut impliqué dans l'attentat de Bologne, 82 morts. Étrangement, l'Italie ne fait pas mention de ce cas, n’émet pas de protestations ni ne fait de chantage au peuple brésilien. Pourquoi ? Pourquoi l'Italie n'a-t-elle pas agi de la même manière quand Sarkozy a refusé l'extradition de Marina Petrella en France, dont la situation pénale dépasse de loin la mienne ? Pourquoi cette obstination féroce contre moi, alors qu’il n’y eut aucune protestation quand fut refusée [note : par le Brésil] l'extradition de quatre autres Italiens, également condamnés pour homicide ? Serait-ce que mon activité d'écrivain et de journaliste puisse constituer un danger pour la manipulation historique de cette Italie gouvernée par la Mafia ? Je ne sais pas. 
Ce qui est sûr, c’est que, malgré tous mes efforts, je ne réussis pas à agir devant ces attaques virulentes contre moi. Je ne peux pas m’identifier à l'image de moi qu'ils me renvoient et associer ce reflet désolant à mon identité sociale. Ils peuvent continuer à dire que je suis un « terroriste », un « assassin », etc., de toute façon, je ne réussis pas à me penser comme quelqu'un capable d’au moins le centième de tout ce qu’ils m’attribuent. 
 C'est curieux d'observer la réaction des personnes qui, pour une raison ou une autre, sont en contact avec moi : les agents pénitentiaires, d’autres prisonniers, des visiteurs et même mes avocats. Dans les premières minutes de la conversation, je lis dans leurs expressions un « brin » de déception, comme s’ils pensaient : « Alors, c'est celui-là, le dangereux terroriste ? » C’est exactement ce que les gens s’exclament quand je me trouve dans des situations similaires, n'ayant pas réussi à éviter le bombardement médiatique, principalement de la « presse marron », qui fait tout pour tenter d'intervenir négativement dans les décisions judiciaires.
 Je reste perplexe, surpris et gêné par tout ce que je provoque et, sans aucun doute, je finis par sembler un peu idiot, avec un air distrait, voire incrédule, de voir que c’est moi le sujet concerné. Cela parce que je n'ai jamais eu le sentiment, quand il s'est agi de contester les accusations, d'agir pour ma propre défense. J’ai toujours l'impression que, en rétablissant la vérité historique, les faits, je ne fais qu’accomplir un devoir civique. 
 J'aimerais crier la vérité au peuple italien, mais comment le faire ? Car la foule manipulée est devenue lyncheuse et résolue à notre perte. Le fauve qui se cache derrière la masse, derrière un sourire de circonstance, derrière des mots vides, et qui n’attend que l’occasion de se révéler, je le connais bien. Déjà avant qu’il ne me désignent, en particulier, je savais qu'à un moment ou un autre, mon heure arriverait. 
Et j'ai laissé parler. Je me suis laissé traiter d'assassin, de voleur, de dépravé, et de beaucoup d’autres choses. J'ai laissé faire tout cela par imprudence ou par supériorité, ou encore parce que je me sentais invulnérable à ces insultes, ou par goût qu’on parle de moi, que ce soit en bien ou en mal. Si je n'ai pas protesté vigoureusement contre de telles obscénités, ce n'est pas seulement parce que, d’une certaine manière, je reste un optimiste. Inutile d’être conscient que, quand la multitude se rassemble, elle le fait toujours contre quelqu'un, celui-là même qui l’avait mise d’accord, au début. Ce quelqu'un est le rejet d'une molécule de cette multitude qui, en règle générale, l'avait idolâtré un jour. Même si dans mes pensées je me soulève, avec raison, contre les bas instincts de la multitude manipulée, je n'ai toujours pas perdu l’espoir qu’une lumière puisse soudain s'allumer au milieu de ces gens, pour les ramener au monde des êtres pensants et des esprits libres. 
Mon attitude peut sembler suicidaire, au moins contradictoire, mais elle est partie intégrante de l'idée que je me fais des raisons qui me lancèrent dans l'aventure de l’écriture. Car c'est bien vrai que, avant d’être transformé en monstre, j'ai été un écrivain.
  Enfin, les autorités italiennes d’aujourd'hui me poursuivent, comment expliquer cela, comment expliquer cette Italie, la même qui me transmit un jour l'amour des mots écrits, ce rêve de liberté et de justice sociale, qui fit de moi un homme, et à présent un pestiféré ? Comment expliquer cette Italie qui a oublié sa récente pauvreté, ses émigrants traités comme des chiens qui mouraient dans les mines belges, allemandes et françaises. Qui a oublié ses fascismes jamais enterrés, ses tentatives de coup d'état, la Mafia au pouvoir, la stratégie de la tension, Gladio, les bombes des services secrets sur les places publiques, les tortures des militants communistes, ces mêmes qui, en dépit de leurs erreurs, ont déchiré leur vie pour contribuer à faire de l'Italie un pays à la hauteur de l'Europe et qui aujourd'hui, 35 ans après, sont traités de terroristes, et dont certains pourrissent encore dans les « prisons spéciales ». 
Ce serait cette Italie, dont le chef du gouvernement fut un excellent membre de la célèbre Loge P2, et qui aujourd'hui promulgue des lois racistes ? Est-ce l'Italie qui se refuse à laver son linge sale en public ? De toute façon, l'histoire ne se juge pas dans les tribunaux, nos seuls juges ne peuvent être que ceux, encore à venir, combattant pour une société juste. Car ceux-là seulement nous jugeront impartialement. 
 La vérité fait mal, mais elle éclaircit. Notre histoire récente nous a montré l'erreur et la tromperie de l'inquisition, et que des cicatrices jamais oubliées doivent être réparées pour que soient ainsi reconnus les excès commis face à la vérité unique imposée. Il ne sert à rien de cacher la saleté sous le tapis. Tôt ou tard la saleté apparaît. 
 Je reconnais avoir fait partie d'une page de l'histoire qui a été écrite avec du sang, de la sueur et des larmes ; et j’espère qu'aujourd'hui mes adversaires reconnaissent que jamais les bourreaux ne touchent pas leur dû. L'histoire s'est toujours montrée implacable avec ceux qui essaient de supplanter et cacher leurs erreurs. 
 Nous vivons une ère démocratique. Des barrières et des murs ont été renversés, les concepts ont été révisés. L’heure n’est-elle pas arrivée pour l’Italie de montrer son côté chrétien ? Car le pardon est un acte de noblesse. Si je suis considéré comme un ennemi de l'Italie, même les ennemis font la trêve et se pardonnent. L'histoire a fait sa part et a donné à l'Italie une ère de progrès et de développement. On s’attend à ce que l’importance de ceux qui ont fait de l'Italie l'Italie de tous soit reconnue, et que le rôle fondamental qu’ils ont eu pour le rétablissement de l'État Démocratique de Droit, bien que non compris, fut essentiel. Italie, Italie, qui tue le rêve de tes fils et ferme les yeux sur ceux qui t'ont défendue, il n’est jamais trop tard pour un geste de noblesse, à l’exemple du Vatican qui reconnut ses activités pendant l'Inquisition. La chasse aux sorcières est finie. « Que justice soit faite, non pas après que périsse le monde, mais justement pour qu'il ne périsse pas ». 
 
La société souffre davantage de l’emprisonnement d'un innocent que de l'absolution d'un coupable. 
 
Amitiés aux Brésiliens et aux Brésiliennes, 
 
Cesare Battisti     
 

 

Solidarité avec MARINA PETRELLA


La cour d’appel de Versailles a décidé la levée d’écrou qui maintenait Marina Petrella en détention.
C’est une petite victoire, qui, nous l’espérons, est de bon augure pour l’abrogation du décret d’extradition et pour l’application de la clause humanitaire
La mobilisation pour que Marina ne soit pas extradée continue !!!!


Pour plus d'info et pour signer la pétition
 ******************************************************************************************************************************

PETITION de soutien à MARINA PETRELLA sur le site du Comité "Libérez-les" de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques :

 http://www.liberez-les.info/

Soyons nombreux à apporter notre solidarité pour éviter son extradition et celles de tous les militants italiens sous  la menace

La solidarité est une arme !

Merci d'avance




le comité "Libérez-les !"

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Images aléatoires

  • G Les combustibles 23 sept 2011
  • Ray et Géraldine N&B
  • Happy girls à la Sielwalhaus
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés