Répression contre des antifascistes à Paris

Le premier juillet, à 9h, devant la 2e chambre du tribunal   correctionnel de Paris, trois antifascistes parisiens passeront  devant la justice, soupçonnées d’avoir participé en mai 2008 à des  actions antifascistes contre un meeting du groupuscule néofasciste  les Identitaires.
Les faits incriminés (des graffitis...) ne peuvent en rien expliquer  l'acharnement policier et judiciaire dont ils sont victimes :  perquisitions, gardes à vue prolongées, écoutes téléphoniques… L'importance des moyens policiers déployés (mobilisation d'une  dizaine de fonctionnaires pendant 4 mois, technologies de repérage  des téléphones portables et d’Internet, relevés d'empreintes ADN…)  montre que l’essentiel est ailleurs, comme dans la répression qui  s’est abattue sur certains individus mobilisés aux côtés des sans-papiers : recueillir de l’information sur les milieux politisés, donc  dangereux du point de vue policier, et intimider les individus  engagés pour un changement social radical.
Cette vague de répression s’inscrit dans une politique globale, à  l’œuvre dans tous les pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis ou  en Russie. Une politique de longue haleine à laquelle la droite comme  la gauche françaises ont contribué ; une politique sécuritaire, où la  moindre différence, sexuelle, culturelle, sociale ou politique, peut  devenir a priori suspecte. Les lois sécuritaires qui donnent toujours  plus de pouvoir aux forces de répression, l’assimilation absurde de  toute lutte sociale à un terrorisme fantasmé qui sert de prétexte au  renforcement d’un véritable terrorisme d’Etat, mais aussi les  différentes mesures qui accroissent le pouvoir du patronat au  détriment de travailleurs précarisés, toutes ces mesures ont le même  but : insécuriser la population pour mieux sécuriser l’ordre social  
capitaliste et étatique.
Ce procès nous rappelle que l’antifascisme est une lutte qui se mène  sur deux fronts : contre les mouvements d’extrême droite et  néofascistes, mais aussi contre l’Etat qui ne s’est jamais privé  d’instrumentaliser le fascisme ou d’emprunter ses techniques pour  assurer la stabilité de l’ordre social. Il nous rappelle que l’Etat  de droit est, aujourd’hui comme toujours, subordonné à la raison  d’Etat, que les promesses du libéralisme valent moins que les  
intérêts du capitalisme ou la stabilité de l’ordre social et  étatique, que la police l’emporte encore et toujours sur la justice.

Ni prison, ni répression n’arrêteront nos rébellions ! Autonomie pour  
toutes et tous !

Le mercredi 1er juillet à 9h,
en soutien avec les antifascistes criminalisés,
Toutes et tous à la 2e chambre du tribunal correctionnel de Paris !

Scalp-Reflex Paris
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