Tour report CARTOUCHE,Ch’tis, Allemagne, Belgique 2009

Samedi 11 avril 2009, Cartouche s’apprête à repartir sur la route. Le matériel est emballé dans le bon vieux camion, sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger un voisinage, ô tellement bobo parisien (de gauche mais qu’il ne faut pas déranger avec nos frasques de saltimbanques).

Destination Lille, pour un concert au CCL, local libertaire (« lieu autogéré, sans hiérarchie ni autorité »), actif depuis 1987. A la fois bibliothèque, librairie, espace de meeting et de concerts. Nous ouvrons le bal, nous étant incrustés dans la programmation, mais l’ambiance est immédiatement bon enfant. Suivent NFT, les hollandais de Power is Poison, et les Sex Toy.



Figure 1 : polémique sur le prix de vente de notre disque dans un bar de Lille, et plaisirs de la boisson


Figure 2 : suite de la polémique sur le prix du disque de Cartouche
lors du concert de Lille, et fraternité entre collègues de travail.


Dimanche 12 avril, debout  8 heures, même si notre bon vieux camion est infatigable, la route pour Berlin sera longue. Dans le top des stations d’autoroute, l’Allemagne s’en tire bien. Les toilettes sont payantes, mais les péages absents, et la bouffe bien plus à l’honneur. En France, la gastronomie est  réservée au restaurant « cuisine du terroir », et les végétariens lisent désespérément les compositions des sandwichs emballés sous plastiques, avec une lueur d’espoir, quand ils voient écrit « crudités » – vite gâchée par les mots qui suivent, « thon » ou « poulet ». Mais tournons la page du guide des stations d’autoroutes européennes, pour revenir à Berlin enfin, Kreuzberg, où nous arrivons après 12 heures de route. Contents de retrouver nos amis (voir figure 3), mais un peu tristes de constater, à l’instar de Montreuil ou du 20e arrondissement de Paris,  une boboïsation du quartier. Nous qui étions contents de nous éloigner de ce type d’atmosphère… D’ailleurs nos artistes nationaux ne s’y trompent pas, puisque certains parmi eux sont en train de migrer vers la capitale allemande. A voir si l’inflation des prix en général inhérente à ce phénomène, suivra, dans une ville agréable à vivre, et aux loyers quasiment deux fois moins chers qu’à Paris.

Figure 3 : nos amis

 

Lundi 13 avril c’est Pâques et c’est l’été. Nous avons largement le temps de nous balader dans la ville avant de nous rendre au Köpi, car les concerts à Berlin commencent à l’heure à laquelle ils s’arrêtent à Paris. Nouvelle visite au Musée juif de Berlin pour l’exposition sur « la médecine de la mort ». C’est un témoignage supplémentaire sur l’un des rouages du système nazis, de la théorie de l’eugénisme (la sélection des races), mise en place dès le début du XXè siècle, aux expérimentations sur les handicapés, puis les tziganes et les juifs. Cela fait toujours mal de lire au détour de l’exposition que le « docteur » Mengele, l’un des bourreaux d’Auschwitz, est mort tranquillement en 1979 au Brésil… 

La journée se poursuit au Köpi, ancien hôtel de luxe du Berlin Est qui, depuis que les barricades ont troublé la circulation de la Köpenickerstrasse, et les luttes permis qu’il ne soit détruit, après 17 ans d’existence, a fait peau neuve. Nouvel aménagement de la salle de concert, sono neuve, salle d’exposition en activité.

Figure 4 : scène de sport devant le squatt Le Köpi

Trois groupes de trois pays différents ce soir là : les basques de Diskoirää, les anglais de Restarts et nous-mêmes. Sur les 22 heures, la salle se remplit, incroyable pour un lundi soir! C’est une bonne soirée (voir figure 5), qui se finira très tard, même si les berlinois sont un peu mous après 5 soirées consécutives de concerts, et certains qui arrivent juste d’un festival de trois jours à Brême.

Figure 5 : c'était une bonne soirée


Encore deux jours à Berlin, puisque nous sommes partis sur l’option « tournée/vacances ». Une nouvelle journée à visiter centre villes et musées, pour finir, ce qui était un passage obligé, chez Mauro, à la pizzeria Il Ritrovo. Dans toutes mes pérégrinations, je n’en ai jamais vu de pareille, pour l’atmosphère, la bouffe et l’affichage de la couleur politique, rouge, qui fricoterait avec le noir.

Figure 6 : publicité pour la pizzeria Il Ritrovo


Etant à une heure de route de Oranienburg-Sachsenhausen, nous avons décidé le lendemain, de nous rendre dans ce camp de concentration. Quatre heures de visites qui donnent la rage, du premier homme mort en Allemagne en camp de concentration, le poète anarchiste Erich Mühsam (pendu par les nazis en juillet 1934), aux dizaines de milliers de juifs, prisonniers politiques, tziganes et soldats russes. Deux endroits sont comme un coup de massue : le parcours en demi-cercle où les prisonniers testaient toute la journée sur des sols différents, des chaussures destinées à l’armée allemande, et le bloc Z, avec la chambre à gaz, les deux salles d’extermination par balles, et les crématoires

Figure 7 : entrée du camp de Sachsenhausen

 

Le retour sur Kreuzberg est plutôt calme, et la journée se termine dans un restau indo-asiatique, pas cher, mais dont nous apprenons ensuite qu’il est tenu par la mafia indonésienne, ce qui n’est pas sans causer apparemment quelques problèmes dans le quartier.

Jeudi 16 avril, un petit tour au Disorder rebel store (voir figure 8), sur la Marannienstrasse, la boutique toute récente de notre grand ami, où l’on peut trouver parmi les disques et les tee-shirts militants, tous les cadeaux qu’il faut pour ceux que l’on aime au pays.

Figure 8 : cohue pour les Soldes au magasin Disorder
 

Après un bon petit déjeuner, il est temps de prendre la route pour la petite ville de Minden, pour notre deuxième apparition là-bas. Mehdi le patron, nous accueille à bras ouverts. Il a aménagé une petite terrasse agréable où il fait bon s’attabler, pour l’apéro, puis la bouffe. Cet endroit est bien, mais Mehdi compte le quitter pour s’installer dans une ville un peu plus grande. Nous jouons seuls. Le public, toujours assez jeune, a répondu présent, bien plus que la dernière fois, ce qui fait plaisir. Quelque soit l’âge, tous connaissent au moins le refrain de la chanson de Ton Steine Scherben, et c’est une vraie chorale ! Décidément, en Allemagne ou en France, il fait bon jouer en Province, l’accueil est chaleureux.

Figure 9 : les amis de Minden

 

Vendredi 17 avril, après un magnifique petit déjeuner (encore…), pour l’instant numéro un de cette tournée gastronomique, nous partons tranquillement pour Brême, où nous allons jouer avec un groupe parisien, « Yann caillasse », du style chanson rock française, qu’aucun de nous ne connaît – Paris est une grande ville… J’étais déjà venue jouer là il y a 5 ou 6 ans avec Kochise et j’avais compris que cette ville, plutôt tranquille, fût un des hauts lieux de la scène punk allemande. Et d’ailleurs, ce soir là, il y’a bien quatre ou cinq concerts en même temps, ce qui laisse présager un public diffus. Nous jouons au Nook, un club/atelier artistique alternatif. Avant, nous nous promenons bien sûr dans le vieux centre, il fait toujours très beau, et on grimpe en haut de la cathédrale, pour redescendre manger une glace fort attrayante (voir figure 10), sans oublier de prendre la photo avec les fameux « musiciens de Brême »! 

Figure 10 : la dure existence du musicien en tournée


Il était dit que  ce serait une tournée/vacances !...

Nous ouvrons le bal, devant un public plus assidu que je ne l’aurais pensé, qui répond présent à l’énergie que nous essayons de communiquer. Quelques copines sont là, et d’ailleurs le manifestent, dont la guitariste de cet excellent groupe américain féminin de hardcore, Harum Scarum. Après la prestation de nos acolytes français, nous nous retrouvons avec nos amis du coin autour de quelques bières et un peu de bouffe, mourant toujours de faim après les concerts.


Figure 11 : sur la piste à Brême. Au premier plan : femmes qui dansent, à l’arrière plan : homme qui boît

Samedi 18 avril, nous reprenons la route en direction de Bruxelles (voir figure 12). Le soleil est trop beau, avant de partir un petit tour s’impose. Incroyable comme ces villes allemandes sont vertes ! Quand à Paris il faut chercher les signes du Printemps dans quelques jardins privés au fond d’une cour, les villes allemandes s’attachent à développer les espaces verts et les pistes cyclables. On apprend aussi, qu’il suffit de parcourir à peine 10 minutes à vélo au bord du fleuve pour trouver un endroit de baignade. En effet, le fleuve est à nouveau assez propre pour que l’on puisse y faire trempette ! Les hommes seraient-ils en train de réparer les brèches qu’ils ont profondément creusées ?

Figure 12 : scène de liesse dans le camion, sur la route de Bruxelles

 Plus l’on se rapproche de la Belgique, plus le ciel se voile. Pourquoi faut-il que les craintes se concrétisent ? En arrivant à Bruxelles, il pleut. La café Dada est en plein centre. Il fait bon revoir Binam, et il faut s’installer et jouer fiça, c’est un apéro-concert ! Et tien, il commence tôt l’apéro ! Le public est déjà bien « en forme » quand nous commençons un peu avant 21 heures. Rapide, efficace et agité, si c’est comme cela qu’on imagine une ambiance de concert, et bien celle-ci colle bien à l’image. On range vite pour aller manger des frites ! Parmi les meilleures nous a promis Binam (voir figure 13), vous pensez qu’on est impatients ! Affamés aussi.


Figure 13 : les artistes de l'orchestre René Binamé trépignant avant les frites


La pluie s’est arrêtée il y a un petit moment, nous reprenons la route vers Paris, car le lendemain, devant nous il y a, un autre train, un autre match, un autre concert.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 10 avril, Belgique (sous réserve)
Samedi 11 avril, Allemagne
Dimanche 12 avril, Berlin
Lundi 13 avril, Berlin - Köpi
Mardi 14 avril, Allemagne
Mercredi 15 avril, Allemagne
Jeudi 16 avril, Allemagne
Vendredi 17 avril, Bremen - Nook
Samedi 18 avril, Bruxelles - Café Dada
Concert au Art Canovert à Rastatt et à l'une de nos deuxième maison, Schwäbisch Gmünd
Brasilia, 18 février 2009
 Pourquoi moi ?
 Même si je n’ai jamais cru, comme l’a dit Voltaire, que nous vivons dans un monde où l’on vit ou meurt « les armes à la main », l'ironie du destin a fait qu'aujourd'hui, je me trouve condamné pour quatre homicides. Ma situation est terrible. Je suis effrayé, désarmé, devant l'hostilité, la haine pleine de rancune que manifestent mes adversaires. Je sais que je devrais combattre l'avalanche de mensonges, de faussetés historiques, mais ce qui me manque pour me lancer dans la lutte, c’est le désir de gagner. Gagner quoi ? Mes adversaires, au contraire de moi, semblent avoir quelque chose à défendre. Qui sait, leur misère, ou leur richesse ou, peut-être, comme dans le cas de quelques actuels ministres du gouvernement italien, maintenir caché leur passé en tant qu’activistes de l'extrême droite (fasciste), responsables directement ou indirectement des massacres à la bombe. Je ne sais pas exactement ce qui motive mes adversaires à entrer dans cette lutte, mais, ce n'est certainement pas la soif de justice.
De mon côté, je ne prétends pas me faire le défenseur de tout ce qui s’est passé pendant les sanglantes années 70. Nous sommes en plein XXIe siècle, je n'ai plus de vérités absolues sur la société idéale, et je ne suis pas important au point de défendre ce qu’il y avait de bon dans les rêves de ces années. Je ne peux pas me jeter dans une telle guerre. Je dirais même que je ne suis pas non plus intelligent au point de générer autant d’ennemis; si j'ai dérangé tant de personnes importantes, cela fut sans aucun doute le résultat de mon inconscience.
La vérité est que je n'ai rien fait pour éviter tant de problèmes, mais reste encore à comprendre comment je fus capable d’arriver à des résultats aussi désastreux. Reste, de toute manière, cette question : pourquoi tant de haine ? Ce n'est pas pour m’esquiver que je me déclare inapte et que je laisse la réponse à cette question à des personnes plus intelligentes, qui n’ont pas l’habitude de jouer le rôle d'« anges vengeurs ».
 Cette interminable persécution et toute cette histoire des années 70 en Italie est une longue agonie, une lamentation honteuse couchée sur le papier jauni des justiciers. C’est l'expression d'un visage rongé par une maladie nerveuse, comme un péché originel qui souille le corps politique italien. Pauvre Italie de Dante, ou celle de Beccaria, de Bobbio et d'Umberto Eco. Pauvre patrie balayée par le vent de l'orgueil, du cynisme et de la vanité, qui l’empêche de reconnaître ses propres erreurs, ses propres péchés, ne voulant pas s'abaisser au niveau de ces pays latino-américains en admettant courageusement que, elle aussi, elle a souffert à la même époque d’une guerre civile de basse intensité (lire les déclarations de l’ex-Président de la République, le sénateur Francesco Cossiga), et que, pour la combattre, elle a recouru à toutes sortes d'illégalités. 
Outre des dizaines de prisonniers politiques enterrés vivants dans les prisons italiennes, il y a des centaines d'autres réfugiés dans le monde entier. Nous avons ici, au Brésil, le cas d'un extradable italien qui appartenait à une organisation nazi-fasciste et qui fut impliqué dans l'attentat de Bologne, 82 morts. Étrangement, l'Italie ne fait pas mention de ce cas, n’émet pas de protestations ni ne fait de chantage au peuple brésilien. Pourquoi ? Pourquoi l'Italie n'a-t-elle pas agi de la même manière quand Sarkozy a refusé l'extradition de Marina Petrella en France, dont la situation pénale dépasse de loin la mienne ? Pourquoi cette obstination féroce contre moi, alors qu’il n’y eut aucune protestation quand fut refusée [note : par le Brésil] l'extradition de quatre autres Italiens, également condamnés pour homicide ? Serait-ce que mon activité d'écrivain et de journaliste puisse constituer un danger pour la manipulation historique de cette Italie gouvernée par la Mafia ? Je ne sais pas. 
Ce qui est sûr, c’est que, malgré tous mes efforts, je ne réussis pas à agir devant ces attaques virulentes contre moi. Je ne peux pas m’identifier à l'image de moi qu'ils me renvoient et associer ce reflet désolant à mon identité sociale. Ils peuvent continuer à dire que je suis un « terroriste », un « assassin », etc., de toute façon, je ne réussis pas à me penser comme quelqu'un capable d’au moins le centième de tout ce qu’ils m’attribuent. 
 C'est curieux d'observer la réaction des personnes qui, pour une raison ou une autre, sont en contact avec moi : les agents pénitentiaires, d’autres prisonniers, des visiteurs et même mes avocats. Dans les premières minutes de la conversation, je lis dans leurs expressions un « brin » de déception, comme s’ils pensaient : « Alors, c'est celui-là, le dangereux terroriste ? » C’est exactement ce que les gens s’exclament quand je me trouve dans des situations similaires, n'ayant pas réussi à éviter le bombardement médiatique, principalement de la « presse marron », qui fait tout pour tenter d'intervenir négativement dans les décisions judiciaires.
 Je reste perplexe, surpris et gêné par tout ce que je provoque et, sans aucun doute, je finis par sembler un peu idiot, avec un air distrait, voire incrédule, de voir que c’est moi le sujet concerné. Cela parce que je n'ai jamais eu le sentiment, quand il s'est agi de contester les accusations, d'agir pour ma propre défense. J’ai toujours l'impression que, en rétablissant la vérité historique, les faits, je ne fais qu’accomplir un devoir civique. 
 J'aimerais crier la vérité au peuple italien, mais comment le faire ? Car la foule manipulée est devenue lyncheuse et résolue à notre perte. Le fauve qui se cache derrière la masse, derrière un sourire de circonstance, derrière des mots vides, et qui n’attend que l’occasion de se révéler, je le connais bien. Déjà avant qu’il ne me désignent, en particulier, je savais qu'à un moment ou un autre, mon heure arriverait. 
Et j'ai laissé parler. Je me suis laissé traiter d'assassin, de voleur, de dépravé, et de beaucoup d’autres choses. J'ai laissé faire tout cela par imprudence ou par supériorité, ou encore parce que je me sentais invulnérable à ces insultes, ou par goût qu’on parle de moi, que ce soit en bien ou en mal. Si je n'ai pas protesté vigoureusement contre de telles obscénités, ce n'est pas seulement parce que, d’une certaine manière, je reste un optimiste. Inutile d’être conscient que, quand la multitude se rassemble, elle le fait toujours contre quelqu'un, celui-là même qui l’avait mise d’accord, au début. Ce quelqu'un est le rejet d'une molécule de cette multitude qui, en règle générale, l'avait idolâtré un jour. Même si dans mes pensées je me soulève, avec raison, contre les bas instincts de la multitude manipulée, je n'ai toujours pas perdu l’espoir qu’une lumière puisse soudain s'allumer au milieu de ces gens, pour les ramener au monde des êtres pensants et des esprits libres. 
Mon attitude peut sembler suicidaire, au moins contradictoire, mais elle est partie intégrante de l'idée que je me fais des raisons qui me lancèrent dans l'aventure de l’écriture. Car c'est bien vrai que, avant d’être transformé en monstre, j'ai été un écrivain.
  Enfin, les autorités italiennes d’aujourd'hui me poursuivent, comment expliquer cela, comment expliquer cette Italie, la même qui me transmit un jour l'amour des mots écrits, ce rêve de liberté et de justice sociale, qui fit de moi un homme, et à présent un pestiféré ? Comment expliquer cette Italie qui a oublié sa récente pauvreté, ses émigrants traités comme des chiens qui mouraient dans les mines belges, allemandes et françaises. Qui a oublié ses fascismes jamais enterrés, ses tentatives de coup d'état, la Mafia au pouvoir, la stratégie de la tension, Gladio, les bombes des services secrets sur les places publiques, les tortures des militants communistes, ces mêmes qui, en dépit de leurs erreurs, ont déchiré leur vie pour contribuer à faire de l'Italie un pays à la hauteur de l'Europe et qui aujourd'hui, 35 ans après, sont traités de terroristes, et dont certains pourrissent encore dans les « prisons spéciales ». 
Ce serait cette Italie, dont le chef du gouvernement fut un excellent membre de la célèbre Loge P2, et qui aujourd'hui promulgue des lois racistes ? Est-ce l'Italie qui se refuse à laver son linge sale en public ? De toute façon, l'histoire ne se juge pas dans les tribunaux, nos seuls juges ne peuvent être que ceux, encore à venir, combattant pour une société juste. Car ceux-là seulement nous jugeront impartialement. 
 La vérité fait mal, mais elle éclaircit. Notre histoire récente nous a montré l'erreur et la tromperie de l'inquisition, et que des cicatrices jamais oubliées doivent être réparées pour que soient ainsi reconnus les excès commis face à la vérité unique imposée. Il ne sert à rien de cacher la saleté sous le tapis. Tôt ou tard la saleté apparaît. 
 Je reconnais avoir fait partie d'une page de l'histoire qui a été écrite avec du sang, de la sueur et des larmes ; et j’espère qu'aujourd'hui mes adversaires reconnaissent que jamais les bourreaux ne touchent pas leur dû. L'histoire s'est toujours montrée implacable avec ceux qui essaient de supplanter et cacher leurs erreurs. 
 Nous vivons une ère démocratique. Des barrières et des murs ont été renversés, les concepts ont été révisés. L’heure n’est-elle pas arrivée pour l’Italie de montrer son côté chrétien ? Car le pardon est un acte de noblesse. Si je suis considéré comme un ennemi de l'Italie, même les ennemis font la trêve et se pardonnent. L'histoire a fait sa part et a donné à l'Italie une ère de progrès et de développement. On s’attend à ce que l’importance de ceux qui ont fait de l'Italie l'Italie de tous soit reconnue, et que le rôle fondamental qu’ils ont eu pour le rétablissement de l'État Démocratique de Droit, bien que non compris, fut essentiel. Italie, Italie, qui tue le rêve de tes fils et ferme les yeux sur ceux qui t'ont défendue, il n’est jamais trop tard pour un geste de noblesse, à l’exemple du Vatican qui reconnut ses activités pendant l'Inquisition. La chasse aux sorcières est finie. « Que justice soit faite, non pas après que périsse le monde, mais justement pour qu'il ne périsse pas ». 
 
La société souffre davantage de l’emprisonnement d'un innocent que de l'absolution d'un coupable. 
 
Amitiés aux Brésiliens et aux Brésiliennes, 
 
Cesare Battisti     
 

 

C'est le printemps! Après notre hibernation en studio, nous partons en tournée en Allemagne et en Begique du 10 au 19 avril 2009.

Spring is arriving!
After our hibernation in Studio, recording our new album, we are going on tour in Germany and belgium from the 10 to the 19 of April 2009. See you there!
Le prochain album est en préparation à Paris, avec Lucas aux manettes. Sortie très prochaine!

Message réexpédié:

 

Chers compatriotes,

 

C’est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe.

 

Un collectif de 52 organisations comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d’associations, les plus  grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

 

Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour  de la table de négociation, une représentation de l’ensemble des décideurs  de la Guadeloupe :

Le collectif : *Lyanag kont profitasyon* - Rassemblement contre les profiteurs

Les élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les  Députés - Les Sénateurs

Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc

L’Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d’administration centrale

 

Suite à la lecture d’une note émise par le Secrétaire d’Etat àl’Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d’abandonner la  tablede négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

Aujourd’hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont  défilédans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne  font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans  l’histoire de France ; car, c’est la première fois qu’un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d’une Région et sans exclusive.

 

La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l’occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de...

L’Etat Français s’est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a  assisté en direct à la démission du gouvernement.

Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision  locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage. 17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu’aux dents. Des chars d’assauts,  des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel   dispositif de guerre coûte 3 millions d’euros par jour au contribuable français. Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

L’Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 - 1925 - 1952 - 1967

En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l’Etat.Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus  produites localement.

Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l’Outre- Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales.

 

Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l’on se bat pour l’ordre juste et contre les profiteurs de toute nature.

 

*"La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo - yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou"

 

* /*"La Guadeloupe est à nous - la Guadeloupe n’est pas à eux – ils veulent faire ce qu’ils veulent - dans notre pays"

Dernier album ! A corps perdu

cartouche_acorpsperdu.jpgTranches de vie,  chansons de résistance portées par un chant féminin, après cinq années d’existence , le groupe  parisien Cartouche a sorti sa nouvelle production.

Si le  précédent album, enregistré à Londres,  sonnait  punk eighties (Blondie, Clash, etc), cette fois-ci, Lucas Chauvières du studio Soyouz (Paris), a donné au groupe la puissance du punk US (Dead Kennedy’s, Bad Religion). Et, ce n’est pas un hasard si le disque comporte deux morceaux en anglais. Il faut dire que Cartouche n’a cessé de tourner en Europe : France, Allemagne, Pologne, Autriche, Serbie, Hongrie, Belgique, dans des clubs, squats, jugendzentrums. Qu’ils comprennent ou non les paroles, le public a toujours été scotchée devant la présence et la rage positive du groupe sur scène . L’émotion, notamment quand elle entonne en yiddish le Chant des partisans du ghetto de Vilniu, Zog nit keynmol et la furie qui se dégagent de la  chanteuse n’y sont pas pour rien.

Chant / guitare : Géraldine (Kochise, Cria Cuervos, Turtle Ramblers)
Guitare / chœurs : Alexandre (Kochise, Mascarade, Turtle Ramblers)
Guitare : Laurent (Ya Basta Tulamort)
Basse : Raymonde (Raymonde et les Blancs becs, la Brigada Flores Magon)
Batterie : Mehdi (Mascarade / Kochise.
 


http://img.over-blog.com/233x203/0/27/42/29/pochette-vynil-a-corps-perdu-2-copie.jpgSlices of life, songs  of resistance, after 5 years of existence, the band Cartouche turned out his new production.

If the last record, recorded in London, was sounding punk 80’s (Blondie, Clash, etc), this time, Lucas Chauvières from the studio Soyouz (Paris), gave to the band the strength of the US punk. And it’s not a hazard if the on the record, one can find two songs in English. We have to say that the band didn’t stop to tour in Europe: France, Germany, Poland, Austria, Serbia, Hungary, Belgium, Switzerland, in clubs, squats and youth centres. Understanding or not the lyrics, the public is always receptive to the presence and the positive rage of the band on stage. Emotion, notably when she starts singing in Yiddish, The songs of partisans from the ghetto of Vilnius, Zog nit keynmol, and fury which emanate from the singer, are on rendez-vous!

 

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